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Les Ecossais qui font danser les filles reviennent avec leur troisième opus, Tonight : moins de guitares, plus de synthés et d’Afrique, pour un disque assaisonné d’electronica et de dub jamaïcain. L’album de la rupture pour Franz Ferdinand ?
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Que le fan se rassure. Plutôt qu’une brutale rupture dans la jeune discographie du groupe, le troisième effort des Ecossais s’inscrit dans un léger mouvement de transition. Et malgré de légers écarts "expérimentaux", on retrouve sur Tonight la bonne vieille cadence funk-rock des deux précédents épisodes.

Les quatre de Glasgow connaissent toujours la recette pour faire danser les filles. Le fan est rassuré. Le non-fan, lui, qui a quand même apprécié le premier album (jusqu’à ce que "Take Me Out" lui sorte par les narines, deux mois plus tard), puis s’est endormi à l’écoute du deuxième (copie conforme du premier en moins bien), le non-fan donc, trouve en partie son compte sur Tonight. L’objet d’abord, est assez séduisant, avec sa pochette "scène de crime à la Weegee". Voilà qui nous change du Bauhaus et de l’esthétique constructiviste. Premier bon point, le côté obscur et "arty", cinématographique mais avec l’ironie en coin – la photo les montre comme s’ils avaient commis un meurtre, en mimant une image de paparazzi. Et puis deuxième bon point, l’album en lui-même, cohérent, construit comme un récit. "Avec un début, un milieu et une fin", comme disent les profs de littérature : les Franz Ferdinand scénarisent une échappée nocturne, avec excitation pré-soirée ("No you girls", "Turn it on"), emballement progressif ("Send him away"), climax dansant ("Bite Hard" et sa batterie contagieuse), et lente retombée aux aurores (le cotonneux "Dream again", la ballade Kinksienne "Katherine Kiss me").
Plus torturé qu’à l’accoutumée, le groupe laisse les synthés s’exprimer sur la majorité des titres, parfois avec bonheur (le puissant "Twilight Omens"), parfois moins (le disco gentillet de "What she came for"). Produit par le Londonien Dan Carey (Brazilian Girls, CSS, Hot Chip), qui a aussi bossé avec Lee Scratch Perry, Tonight est également bardé d’échos dub qui viennent ainsi assaisonner les hits potentiels du quatuor ("Lucid Dreams", "Dream Again"), leur ouvrant un espace jusqu’alors cloisonné par les rythmiques froides du post-punk. Enfin, des aspérités exotiques émaillent tout l’album, notamment sur la superbe "Send Him Away", pop-song construite sur un motif tropical (Kapranos a écouté Ethiopiques). Sans doute rien d’inoubliable dans cet album, mais de bons moments, du plaisir, deux ou trois chansons intouchables, et un groupe qui a le mérite de tenter des choses sans perdre le fil de son brillant songwriting.
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