Ma passion fait vibrer ses cordes et son clavier participe intimement à mes différents états d’âme. Pour moi, l’importance du piano est énorme, il me tient lié par des chaînes que je ne pourrai jamais briser.
”
Liszt, comme beaucoup de ses pairs présente très tôt des facilités pour la musique, ce qui pousse son père à le produire très jeune en public et à lui faire donner des cours, par Czerny pour le piano et par Salieri pour la composition, de 1820 à 1823. Virtuose du piano, il entame une tournée triomphale en Allemagne, avant de découvrir Paris et de prendre des cours avec Reicha. Il commence à composer à 15 ans, avec
Douze études pour le piano. C’est dans la capitale française qu’il est d’abord introduit dans les salons et qu’il est très recherché par le public. Dès 1832, il est admis dans le cercle de
Chopin, ce qui lui permet de développer son discours romantique qui se retrouve par la suite dans ses œuvres :
Harmonies Poétiques et Religieuses commencées en 1834 ou encore
Les Années de Pèlerinage écrites en 1834 sont des œuvres où le sentiment romantique est exacerbé.
C’est également à cette époque qu’il rencontre Marie d’Agoult avec laquelle il aura trois enfants dont Cosima qui le fera devenir le beau père de
Wagner… Ses talents exceptionnels de pianiste lui confèrent une gloire européenne tandis qu’il est nommé chef d’orchestre à la cour de Weimar en 1842, et ce jusqu’en 1861. En 1847 il renonce à sa carrière de virtuose pourtant exemplaire, mais n’abandonne bien sûr pas la composition. Ainsi, en 1849, il écrit deux Concertos pour piano et orchestre et quatre ans plus tard, la
Sonate en si mineur.
En tant que chef d’orchestre, il dirigea quasiment toutes les œuvres écrites par les compositeurs de son temps :
Beethoven, Schubert,
Schumann,
Berlioz, Weber et même Wagner. Brouillé un temps avec ce dernier, Liszt se réconcilie avec lui et assiste, en 1876, à l’inauguration du rêve de Wagner : le théâtre de Bayreuth.
On aura compris que l’instrument de prédilection de Liszt est le piano : il développa pour lui, et avec ses amis Schumann et Chopin, la technique moderne du jeu pianistique, en participant activement, d’une part à l’amélioration technologique de l’instrument, comme l’avait fait
Bach en son temps – ce qui permet alors d’opposer un piano seul à tout un orchestre – et d’autre part en apportant une nouvelle façon d’approcher l’instrument : il enrichis considérablement la palette de jeux possibles, tant sur le plan mélodique que rythmique ou harmonique et ses compositions pour le piano sont une révolution musicale. Il libère le premier la tonalité, explorant les dissonances, faisant totalement exploser les carcans musicaux. Par son anticonformisme, il ouvre grand une voie dans laquelle s’engouffreront un peu plus tard des compositeurs comme Kodály,
Bartok ou
Schoenberg.
Le legs de Liszt à la musique classique est absolument énorme, puisqu’il est le précurseur des deux siècles de musique à venir. Sa réussite financière lui permit également d’être un généreux mécène : Camille Saint-Saens et César Frank bénéficieront de sa volonté d’encourager et de servir la jeune génération de compositeurs en devenir.