Light Bulbs de Fujiya And Miyagi



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Krautpop lumineuse



Nouvelle pépite electro krautpop pour le quatuor le plus en vue du moment. Fujiya And Miyagi s’inspire du meilleur de l’histoire de la musique pour nous offrir un Light Bulbs gonflé et véritablement brillant.

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La première chose que l'on remarque chez Fujiya And Miyagi, c'est la voix de David Best. Couplée à la basse rebondie de Matt Hainsby, elle hypnotise et claque, s'imposant comme un élément rythmique à part entière. C'est ce particularisme vocal quasi-unique qui fait, entre autre chose, que le désormais quatuor (avec l'arrivée de Lee Adams à la batterie) de Brighton s'impose comme un groupe à part, ou au moins, autre chose qu'un groupe de néo-krautrock de plus.

Justement, sur Light Bulbs et après un fantastique album paru l'an dernier et compilant leurs précédent maxis (le fameux Transparent Things) les Fujiya & Miyagi prouvent qu'ils sont amplement capables de se démarquer de la meute de krautrocker en culotte courte qui sévit actuellement dans le monde entier. A la cavalcade psychédélique répétitive convenue, David Best et sa bande oppose un album au groove subtil et pas forcément évident dès la première écoute. Normal, à l'immédiateté d'une suite de singles, aussi parfaits fussent-ils, Fujiya & Miyagi préfère désormais les angles d'un véritable album avec ses tensions et ses moments de pause. Plus que de krautrock, c'est bel et bien de krautpop dont il s'agit ici.

Avec un Electro Karaoke in A Negative Style, premier album paru en 2002 et oscillant entre pop surréaliste et electronica (qui sera d'ailleurs suivi d'un excellent album de remixes dépassant bien souvent l'original), ce qui était au départ un trio de jeunes loups fait désormais figure de pionnier dans le mélange musique électronique, cosmic rock allemand des 70's et funk ondulant des 70's. Bien avant la mode du "rock qui danse", ces vieux briscards font feu de tout bois et c'est particulièrement évident sur ce Light Bulbs empli de pop lumineuse, bourré d'idées et de mélodies célébrant la rencontre improbable du groove rigide de Talking Heads et Yellow Magick Orchestra et des rythmes imparables de Neu! ou Can.

Et ce jeu vocal de Best, d'où vient-il alors ? Peut-être de chez nous. En effet, le chanteur ne manque jamais une occasion d'affirmer son admiration et l'influence de Serge Gainsbourg dans sa manière de composer et de chanter. Alors "Viens petite fille dans mon comic strip. Viens faire des bulles, viens faire des WIP! Des CLIP! CRAP! des BANG! des VLOP! et des ZIP! SHEBAM! POW! BLOP! ... " serait en quelque sorte le prédécesseur de l'enivrant "Knickerbocker" ? Peut-être bien. Une chose est sûre, Light Bulbs n'est pas un recueil de krautrockeries de plus. Fujiya & Miyagi s'impose ici comme les artisans soigneux de la pop la plus respectable, tout comme ils font figure de savants es-rythme. C'est particulièrement évident sur "Uh", "Rook To Queen's Pawn Six" et "Sore Thumb" et son break de synthé qui vous arrache du canapé dans lequel vous étiez vautré, toutes trois sont de véritable pépites de funk electro analogique, bourdonnant et hypnotique. Côté ballade, comment résister au poignant "Goosebump" ? En éclatant de rire à l'écoute de "Pussyfooting" bien sûr, car l'humour chez F&M n'est jamais loin.

Au final, Light Bulbs s'avère être l'album que certains parmi les plus attentifs attendaient de ce groupe étonnant. Transgenre, à cheval entre revival et modernisme sans jamais tomber dans la facilité, Fujiya & Miyagi est de ces belles surprises de la pop moderne, mais c'est surtout un groupe passionnant car jamais là où on l'attend.

 

 

Maxence Grugier Le 25 septembre 2008
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