De
Bloc Party à
Franz Ferdinand en passant par
Radio 4 leur plagieur officiel, Gang Of Four est un groupe incontournable. Nerveux, brut, et plein de rage, le Gang Of Four incarne l’essence même du post-punk qu’il se voit élever à un rang de prototype inconditionnel, archétype souterrain d’un mouvement qui chamboulera à jamais les fondations même du rock. En 1979 sort Entertainment ! et le monde de la musique ne se rend pas encore alors compte du séisme que va provoquer ce premier albums des jeunes anglais.
1977, quatre jeunes etudiants anglais dans la ville de Leeds, quatre musiciens provenant de la fameuse working class anglaise décident de former un groupe. Jon King au chant, Andy Gill a la guitare, Dave Allen a la basse, et Hugo Burnham a la batterie. En pleine vague punk, Gang Of Four couple un son résolument punk, bruitiste et minimaliste grâce aux cordes rêches et abruptes de leurs guitares, les rythmiques syncopées jointes à une majeure influence funky. On ajoute a cela les compositions basées sur les ruptures et l'urgence qui fait basculer Gang Of Four dans la majeure mouvance post-punk et l’on saupoudre le tout du chant de Jon King que l'on rapproche de celui de
Mark E. Smith de
The Fall.
Gang Of Four ne serait pas entièrement Gang Of Four sans son engagement politique. Les chansons sont parsemées de textes d'idéaux politiques, de critiques de la Grande-Bretagne, du Thatcherisme alors que le nom même du groupe provient d'une faction communiste de chinoise l'époque. Anti-stars, ne jouant pas du culte de l’image comme ses prédécesseurs du punk, dotés d’une conscience politique, les Gang Of Four sortent du carcan punk alors même que l’Angleterre est soumise à cette vague implacable.
Le sommet de leur carrière sera et restera sans équivoque leur premier album, l'éternel classique
Entertainment!, brique de base de très nombreux groupes qui se seront inspirés de ce son fantastique qui régit cet album. La suite de la carrière de Gang Of Four sera inégale, tantôt bon, tantôt beaucoup moins bon. Mais aucun des albums suivants, comme
Solid Gold (1981) ou
Songs Of The Free (1982), ni leur reformation dans les années 2000, n'atteindra la réussite de leur premier opus, qui il faut bien l’avouer est de toute manière bien difficile à outrepasser.