Aujourd'hui rangé des voitures, et surtout de l'alcool, Gary Clail reste celui qui a transformé les sound-systems liés au label On-U Sound en des raves avant l'heure. Au départ, il opérait en marge des concerts de Keith LeBlanc, Skip McDonald et Doug Wimbish qui composaient alors la formation de base de Tackhead. Un peu comme un chauffeur de salle, il mixait des rebuts de bandes et éructait dans un mégaphone des messages politiques dénonçant les années Thatcher…
A l’époque, Gary Clail était aussi chargé de tester et de propager auprès d’une audience avertie les nouvelles élucubrations sonores d’
Adrian Sherwood. Il apparaissait juché sur une estrade, entouré de platines cassettes et de racks d’effets, pour distiller des dubs massifs et puissants ainsi que des morceaux plus résolument dancefloor sur lesquels il plaquait ses textes militants.
Progressivement, il intègre Tackhead, figurant sur les premiers maxis et l’album Tackhead Tape Time. Référence capitale, ce disque en reflète la glorieuse période avant-gardiste où le "post-rap" se mêle à l'indus. Puis Gary Clail s’émancipe, poursuivant sa mission. Avec l’arrivée de Bernard Fowler, Tackhead a évolué vers un néo-funk qui désappointe les fans de la première heure. Ils se tourneront logiquement vers Gary Clail et le On-U Sound System, gardien du temple dance-dub ("Rave on" en 1989…).
Backé par
Dub Syndicate, il réalise deux albums incontournables :
End Of The Century Party (décalque de celui de Barmy Army…) et
Emotional Hooligan. La machine s'emballe. Sous l'égide de
Paul Oakenfold et son label Perfecto, le titre "Human nature" avec son clavier virevoltant et sa rythmique clubby fait un malheur. Les afficionado cherchent encore la V.O., avec des samples du prédicateur Billy Graham… Un an plus tard, en 1992,
Who Pays The Pipers ? propulse de nouveau Gary Clail au sommet des charts.
Comme Icare, il fini par se brûler les ailes, croyant un peu naïvement pouvoir mettre à profit une major pour faire connaître le collectif On-U Sound à un plus large public… L’album
Dreamstealers et sa sonorité très "bande FM" trahit cet égarement. En 1995, les français de Yelen Musiques (Epic / Sony) tenteront de ranimer la flamme en produisant
Keep The Faith, un album plus "roots" mais loin de la folie des débuts de celui qui fut aussi surnommé "The Probe"…