Le saxophoniste Gerry Mulligan, né Gerald Joseph Mulligan en 1927 restera dans l'histoire du jazz, le symbole d'une personnalité hors norme. Touche à tout de génie, il cultivera les esthétiques les plus opposées sans jamais se perdre. Son style propre, un foisonnement mélodique rehaussé d'un contrepoint, eut rarement un équivalent en jazz.
Gerry Mulligan passe son enfance à Philadelphie. Une ville où il étudie le piano, la clarinette et le saxophone alto. Très vite, le jeune Mulligan s'intéresse à l'exercice de l'écriture musicale. Doué, il vend ses premiers arrangements à la station de radio locale.
Entre 1945 et 1946, il est remarqué par Elliot Lawrence et Gene Krupa avec qui il travaillera. Entre 1949 et 1950, c'est un tout jeune Gerry Mulligan qui rejoint l'orchestre de
Claude Thornhill. Il aura la chance d'y rencontrer Gil Evans et de se lier d'amitié avec le fameux arrangeur, compositeur et chef d'orchestre. C'est à ce moment qu'il accompagne le nonnette de [people]Miles Davis. Celui-là même qui donnera Birth of The Cool. A cette occasion, il compose les désormais mythiques "Jeru" et" Venus De Milo" et arrange "Godchild" présent sur l'album. Après ce coup d’éclat, le jeune musicien est appelé à travailler avec Kai Winding, George Wallington et surtout l'immense
Stan Getz !
En 1952, il fonde un quartet avec le trompettiste
Chet Baker. Une formation qui le verra développer un style très original. Sa renommé le conduit à se produire en Europe en 1954, au festival de Paris, à la tête d’un ensemble du même type que celui de Baker, avec Bob Brookmeyer, Red Mitchell et Frank Isola. En 1955 le quartet devient sextet de Zoot Sims et de Jon Eardley. Mais le quartet reste la formation favorite de Mulligan et il reforme un ensemble de ce type en 1958, avec Chet Baker puis par Art Farmer.
En 1960, il fonde le Concert Jazz Band, son propre orchestre pour pouvoir jouer ses propres morceaux, mais ne rencontre pas de succès. Rien ne l'abat, c'est l'occasion de former un nouveau quartet avec son vieux complice Bob Brookmeyer. S'ensuit une période où Gerry Mulligan enregistre beaucoup. On le voit aux côtés de
Lee Konitz ,
Thelonious Monk,
Paul Desmond, Johnny Hodges, Ben Webster ou Tommy Flanagan.
Invité permanent du Dave Brubeck Trio, anciennement Dave Brubeck Quartet, avec qui il se produit notamment à Paris. Mais, en 1971, il forme un nouveau sextet, Age of Steam, dans lequel il signe de nombreuses compositions inédites. 1971 voit aussi Mulligan se passionner pour le saxophone soprano. Mais il fait aussi appel à la guitare et au vibraphone au sein de son sextette, et utilise même pour la première fois l’amplification électrique. C’est avec cet ensemble qu’il se produit à Paris en 1977. Il jouera également avec le grand Charlie Mingus au Philharmonic Hall de New York, retrouve Chet Baker au Carnegie Hall et en 1982, s’associe avec le bandonéoniste argentin
Astor Piazzolla.
En 1983, le monde du jazz fête le soliste au Kool Jazz Festival de New York (1983). Teddy Wilson, Duke Ellington, Stéphane Grappelli et Scott Hamilton seront ses derniers partenaires. Gerry Mulligan est emporté par un cancer en 1996.
+ J'ai écouté Gerry Mulligan pour la 1° fois en 1972, quand j'étais étudiant, avec un disque en..