« Cheminant de ville en ville, comme un nomade, j’écrivais trois, quatre opéras par an. Et croyez bien que cela ne me rapportait pas de quoi faire le grand seigneur. »
Rossini avait probablement un don pour la musique puisque malgré une formation musicale extrêmement succinte, il avait beaucoup de facilités pour composer. Né en Italie, son premier opéra date de 1806 :
Demetrio et Polibio, et ne sera que le début d’une longue série, puisqu’en 25 ans, il écrit près de 40 opéras ! Il rencontre immédiatement le succès à Venise avec un opéra
Tancredi en 1813. Connu aujourd’hui comme un « génie paresseux », Rossini est le premier à exploiter la brèche ouverte par
Mozart et Haydn. Ses compositions sont très innovantes, ce qui explique peut-être les succès publics qu’il rencontre dans la première moitié de sa carrière.
Il est chargé de la direction du théâtre San Carlo à Naples, mais continue de fournir les théâtre de Venise, Milan et Rome. C’est alors qu’il compose le
Barbier de Séville en 1816, qui rencontre un succès foudroyant, malgré les tentatives de dénigrement menées par des fidèles de Paisiello – un autre compositeur italien né en 1740 et mort en1816. Rossini connaît un succès européen. Ses œuvres théâtrales donnent un nouveau souffle à l’opéra bouffe. Il orne le chant dans la tradition, alors oubliée, du bel canto : véritable révélateur des possibilités de la voix, Rossini en fait un instrument de l’orchestre privilégié.
En 1823, après le semi échec de Semiramis, dont on ne retient que l’ouverture, il décide de quitter l’Italie qui ne le comprend pas et se rend à Vienne où il rencontre
Beethoven, puis à Londres et Paris. Il y est alors nommé, en 1824, directeur du Théâtre-Italien, avant de devenir compositeur du roi et inspecteur général du chant en France !
Le faîte de sa gloire est atteint avec
Moïse en 1827 puis
Guillaume Tell l’année suivante dont l’ouverture sera popularisée par
Stanley Kubrick dans
A clockwork Orange, grâce à une version de Walter Carlos, toute aux synthétiseurs Moog.
L’année 1830 sonne le glas de la renommée de Rossini, puisqu’il subit le contre coup de la révolution de 1830 qui lui fait perdre sa situation. Il renonce alors à composer de grandes œuvres, et ses trente dernières années verront une production beaucoup moins riche. Retourné en Italie en 1836, Rossini ne compose que quelques œuvres pour musique de chambre, piano et à caractère religieux, comme le
Stabat mater. Il reviendra à Paris en 1855 où il mourra 13 ans plus tard.
Comme il le dit lui-même : « [il] traitait plus volontiers des sujets comiques que des sujets sérieux ». Pourtant, malgré une certaine légèreté dans ses œuvres, Rossini a été un modèle pour de nombreux compositeurs, comme
Wagner qui lui vouait une admiration et un respect immuable. Et malgré une petite place dans la musique classique, Rossini aura tout de même été le réformateur de l’opéra italien, lui donnant un nouvel envol.