La mélodie et l’harmonie ne doivent être que des moyens dans la main de l’artiste pour faire de la musique ; et si un jour vient où l’on ne parlera plus ni de mélodie, ni d’harmonie, ni d’école italienne, ou d’école allemande, ni du passé, ni de l’avenir, alors peut-être, le règne de l’art commencera… ”
Giuseppe Verdi est né en Italie, près de Milan. Il devra ses premiers contacts avec la musique à un musicien local, le maître de chapelle de Busseto. Il tente d’entrer au conservatoire de Milan à 19 ans, mais est recalé ; il prend donc des cours privés avec Vicenzo Lavigna pour améliorer sa technique pianistique et complète son éducation musicale en autodidacte. Il est assuré de vouloir être un compositeur en 1839, à la suite du succès de l’opéra
Oberto joué à la Scala de Milan. Pourtant, il lui faudra attendre 1842, après avoir essuyé le demi échec de Un giorno di regno et connu la mort de sa première femme et de ses deux fils, pour connaître un véritable triomphe avec les deux opéras
Nabucco en 1842 et
I Lombardi en 1843.
Le public lui reconnaît un extraordinaire sens dramatique et salut le thème patriotique des œuvres ; l’Italie est en effet en proie, à cette époque, à une volonté d’indépendance vis-à-vis du joug étranger. Verdi compose par la suite une dizaine d’opéras dont il écrit souvent lui même les livrets – ce qui était assez rare – pour différents théâtres d’Europe. Il voyage alors beaucoup, afin de s’assurer que ses œuvres sont jouées fidèlement : il est présent lors du choix des chanteurs, surveille la mise en scène et la direction de l’orchestre, bref, il est un impresario minutieux pour ne pas dire pointilleux... Malgré son succès à l’étranger, Verdi reste un compositeur fidèle à sa patrie d’origine : il sera engagé toute sa vie pour l’indépendance italienne et entrera même au Parlement en 1861.
Sa rencontre avec la cantatrice Giuseppina Strepponi semble avoir un excellent effet sur la qualité de ses compositions, puisqu’il produit
Rigoletto en 1851 suivi en 1853 par
Le Trouvère et
La Traviata, chefs-d’œuvre au succès mondial. En rupture progressive avec les œuvres de Rossini et Bellini, Verdi s’éloigne du bel canto pour se concentrer sur une expression plus naturelle des sentiments humains. S’il est reconnu pour ses talents dans la maîtrise de l’art vocal, Verdi n’abandonne pas pour autant l’orchestre : il contribue à remettre la musique en avant dans les pièces lyriques, abolissant peu à peu la suprématie du chant ou de l’élément purement théâtral.
Fidèle à l’opéra, Verdi compose
Aïda en 1871, fresque monumentale se déroulant en terre d’Égypte, puis
Otello et
Falstaff, d’après
Shakespeare, respectivement en 1887 et 1893. Etant né la même année que
Wagner, et ce dernier ayant également beaucoup participé à l’évolution de l’œuvre lyrique au XIXe siècle, on serait tenté de faire un parallèle entre les deux compositeurs, mais Verdi, contrairement à son contemporain, n’utilisera jamais le leitmotiv et aura une propension à laisser transparaître son humanisme romantique au travers de ses œuvres. De plus, Verdi a composé quelques œuvres religieuses, dont son
Requiem en 1873 et les quatres
Pezzi sacri de 1898. Ayant toujours fait preuve d’un engagement politique et moral, Verdi est LE compositeur romantique et humaniste italien du XIXe siècle, Grand dramaturge, il donna à l’opéra un nouvel élan, bien différent de l’art total voulu par Wagner, mais tout aussi brillant et raffiné.