Grace jamaïcain Jones
Un rêve de vie qui n’en finit plus. Telle est l’image de la Grace Jones médiatique qui passe du mannequinat new-yorkais à Paris pour croiser la route de Jean-Paul Goude, le disco comme chanteuse et les nuits du Palace, en même temps que le Studio 54 et Warhol, puis les films en James Bond Girl et les pubs délirantes. Mais au-delà de l’image, la Jamaïcan Girl est bien vivante, loin des chromos, toujours révoltée et diva. Son enfance dans une famille de pasteur à Spanish Town en Jamaïque, propulse rapidement Grace Mendoza et sa famille à Syracuse près de New-York où elel fait des études de théâtre. Devenant mannequin, elle est trop sauvage pour le poli américain et s’exile à Paris, après avoir tourné dans quelques nanars. Croisant J-P Goude, elle devient sa muse des années 70 et 80 et profite de l’image qu’il crée autour d’elle. Elle signe un deal avec Island Records en 1977 qui va la faire devenir à la fois l’idole disco fatale et l’égérie de la communauté gay :
Portfolio (1977), Fame (1978) et Muse (1979)/ Devenue égéries des nuits du Palace et du Studio 54, elle tourne dans l’orbite d’
Andy Warhol qui la photographie et la peint.
Warm Leatherette S’adaptant a la new wave, elle change de producteurs et travaille avec Alex Sadkin etChris Blackwell, sortant à quelques mois d’intervalle les cartons de
Warm Leatherette (1980) and
Nightclubbing(1981) qui reprennent des tubes de
Sting,
Iggy Pop,
The Pretenders,
Roxy Music, Flash and the Pan, The Normal,
Ástor Piazzolla et
Tom Petty. La diva aux deux octaves et demi à deux manières de chanter : la première récitante qu’on entend dans
Walkin in the Rain, et l’autre contralto fier qui surgit avec puissance dans
Slave to the Rhythm. Mariée à Goude, avec lequel elle a un fils, Grace devient créature androgyne : cheveux coupés à l’équerre, et vêtements anguleux (cf. la pochette de
Nightclubbing). 1985 et Slave to the Rhythm avec Trevor Horn, puis
Living my Life (en reggae), avant Nile Rodgers pour
Inside Story (1986) avec le dernier Billboard Hot 100,
I'm Not Perfect (But I'm Perfect For You) où elle surgit dans le clip relookée par Keith Haring, nue et décorée de peintures tribales. Elle continue dans les années 90 à avoir des tubes dance et reste très populaire en Angleterre, mais elle est entretemps passée au cinéma. La compilation
The Ultimate Collection sort en 2006 sur CCM en 3 CD’s et un nouvel album,
Hurricane, est sorti en octobre 2008 avec
Sly and Robbie,
Brian Eno, Bruce Woolley,
Tricky et
Tony Allen. Chez Wall of Sound/PIAS
Vampyre 1973, l’avait vue en passeuse de drogue dans
Gordon's War. Mais c’est le rôle de Zula l’amazone dans
Conan le Barbare qui la révèle au grand public en 1984 aux côtés d’Arnold Schwarzenegger et de Wilt Chamberlain. Elle est ensuite
May Day en 1985 dans le James Bond
A View to a Kill. En 1986, elle est
Vamp dans le film éponyme, avant de devenir le top model excentrique Helen Strange dans le
Boomerang d’Eddie Murphy, en 1992. En 2001, on la retrouve travestie en Christoph/Christine aux côtés de Tim Curry dans
Wolf Girl. Avouons-le, le cinéma n’a pas su tirer parti de son image , en ne sachant que faire de sa liberté affichée, sans pouvoir la transformer … Mais à 60 ans, toujours battante et n’ayant rien perdu de sa voix ni de son charme, elle reste autant une reine de la nuit qu’une féroce chanteuse. A suivre !