It's like a jungle sometimes, it makes me wonder / How I keep from going under (The Message) ”
Précurseur du hip-hop et instigateur de l’émancipation du mouvement, Grandmaster Flash et ses Furious Five sont les premiers pionniers talentueux de ce genre qui ne finira de s’amplifier après eux. Grandmaster Flash est né Joseph Saddler aux Barbades, et grandit dans le Bronx après que sa famille ne se soit expatriée aux Etats-Unis. Sa passion pour la musique se développa tout jeune alors qu’il apprit auprès des précurseurs, à savoir les premiers véritables DJ qui officiaient alors dans leur quartier dans des fêtes et block parties. Les techniques de dj-ing qu’il perfectionnera plus tard, il les acquit auprès des novateurs Pete Jones et Kool Herc.
Phasin, cuttin, back-spinnin
A 19 ans, le jeune Saddler est étudiant en électronique, et développe des techniques absolument innovantes et avant-gardistes que les DJ d’aujourd’hui utilisent encore et toujours (le phasing, le cutting, le back-spinning que
Grand Wizard Theodore utilisera pour inventer le fameux scratch). Saddler possède également une culture et une connaissance musicale impressionnante, qu’il a hérité de son père, grand passionné de musique. A la fin des années 70, Saddler est définitivement Grandmaster Flash, ses qualités de disc-jockey font fureur dans le Bronx, ainsi que l’ampleur de ses innovations techniques qui deviennent de véritables phénomènes.
A partir de 1977, Flash collabore avec des rappeurs. De derrière ses platines, Flash fût le premier à plus s’intéresser aux disques qu’il passe qu’à motiver le public ; pour lui, la musique était autrement plus importante. Il avait donc besoin que l’on gère le public pour lui, et c’est ainsi que rentrent en scène les futurs Furious Five : Melle Mel (Melvin Glover) – inventeur du terme MC - Cowboy (Keith Wiggins), Kid Creole (Nathaniel Glover), Scorpio (Eddie Morris) et Rahiem (Guy Todd Williams). Les prestations du groupe font grand bruit, et pas seulement dans le Bronx, mais dans le tout New York. En 1980, ils signent sur le label de Sugarhill Gang, qui viennent alors de sortir
Rapper's Delight, montrant que le public était prêt à accueillir le hip-hop dans sa culture globale.
En 1981 sortent, les maxis
Freedom et
The Birthday Party puis
The Adventures Of Grandmaster Flash On The Wheels Of Steel, qui pour la première fois, couchent sur disque les techniques révolutionnaires de Grandmaster Flash. Mais le meilleur est à venir avec l’immense
The Message qui sort l’année d’après en 1982, qui pour la première fois dans la courte histoire du hip-hop d’alors, aborde les sujets du situationnisme social, imposant Grandmaster Flash comme non plus uniquement un artiste hédoniste mais également conscient d’un monde qui l’entoure.
The Message est un succès immédiat.
Cependant les tensions règnent au sein du groupe, notamment entre Flash et Melle Mel et conduisent à la scission. Flash, en compagnie de Kid Creole et Rahiem, signe chez Elektra, tandis que Mel, Cowboy et Scorpio continuèrent chez Sugar Hill sous le nom de Grandmaster Melle Mel & The Furious Five. Grandmaster Flash enchaîne ainsi les albums avec
They Said It Couldn’t Be Done (1985),
The Source (1986) puis
Da Bop Boom Bang (1987) avant de finalement se réunir de nouveau avec Melle Mel en 1988 pour un concert caritatif, suivi d’un nouvel album
On Strength. Cependant, la nouvelle école du hip-hop (Eric B. & Rakim,
Public Enemy) a alors émergé, rendant Grandmaster Flash obsolète. Le groupe se sépare alors définitivement, mais ne réfrène pas les ambitions musicales du DJ, qui se lance également dans la carrière de producteur. Bien qu’un peu moins en vue, Flash continue à sortir sporadiquement des mixs.
par Kristoffe Biglete
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