Horn Of Plenty de Grizzly Bear



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Un Ours à Brooklyn



Proche musicalement d'Animal Collective et du Sufjan Stevens période Michigan, Grizzly Bear est une jeune formation qui s'est taillé une jolie réputation sur scène aux Etats-Unis, avec un seul album à leur actif. Pour la sortie française de Horn of Plenty (+ un disque de remix), nous avons demandé à Edward Droste, fondateur et tête pensante (timide) du groupe, de nous parler un peu de son ascension.
Fluctuat : D'abord, pourriez vous nous parler de votre progression musicale ? De la façon dont vous êtes tombés dans la musique ?

Edward Droste : Je pense être tombé dans la musique quand j'étais encore tout petit parce que presque toute ma famille jouait d'un instrument, chantait ou enseignait la musique. Cela dit, mes premières expériences musicales étaient affreuses, je n'écrivais que des ballades d'ados bourrées des clichés habituels. Ce n'est que lorsque j'ai totalement oublié mon amour pour l'écriture musicale, que j'ai étudié la littérature anglaise à la fac que j'ai commencé à redécouvrir la guitare, puis j'ai appris à utiliser Pro Tools et je m'y suis remis.
Puis, deux ans durant, j'ai juste laissé vagabonder mes oreilles, de la façon la plus naïve et ignorante, j'écrivais ma musique comme une note de journal intime ou une expérience cathartique, et de fil en aiguille, me voilà 3 ans plus tard, toujours à parler de chansons. Les nouvelles productions avec le groupe sont beaucoup plus réfléchies, construites et méditatives. Le résultat est plus fort. Mais j'aurai toujours beaucoup d'affection pour mes petites bêtises musicales de fin de fac.

Comment avez-vous décidé de faire passer vôtre projet Grizzly Bear à un vrai groupe pro ?

Et bien, ce fût pas mal par nécessité. L'album a été signé chez Kanine Records et je savais bien que je ne pourrais jamais jouer ces titres tout seul. En plus, j'étais terriblement timide et j'insistais pour ne jamais jouer en live. Mais ils ont été malins, ils m'ont dit « Oh, joue juste quelques concerts autour de New York », et je me suis dit que, bon, quelques concerts autour de New York ne feraient pas de mal, et avant de comprendre ce qui m'arrivait, on parlait de tourner dans le pays entier puis en Europe. C'est là que je me suis dit qu'on avait viré professionnel. Euh non... Peut-être que je ne me suis jamais dit ça, jusqu'à maintenant (Edward rigole). Enfin, on prend nos concerts très au sérieux maintenant.
Je suis le musicien le moins entraîné du groupe alors mes trois incroyables songwriters / interprètes / musiciens m'aident à tenir la dragée haute. Sans eux, je retournerais disparaître dans ma chambre ! (Nouvelle rigolade)

Qu'avez-vous écouté, dans votre vie, qui vous a vraiment touché, qui ait façonné votre musique ? En d'autres mots, que considérez-vous comme vos influences musicales ?

C'est toujours une question difficile, et inévitable. Je dis toujours, parce que c'est vrai, que le disque solo de Liz Phair est celui que j'ai le plus écouté dans ma vie, jusqu'à l'obsession. Je ne l'écoute plus trop maintenant, mais au lycée, « Exile in guyville » m'a définitivement marqué. Et pour d'autres « influences » ? C'est dur à dire, que quelque chose de spécifique a changé la façon dont je vois ou écris de la musique. Je pense que tout ce que j'ai entendu dans ma vie a transformé ma musique, et que ce n'est jamais conscient. Des gens comparent ce que j'ai fait aux débuts de Syd Barett ou même à Iron and Wine, et tous deux sont des artistes que j'apprécie, mais je ne pense pas en avoir écouté du tout en écrivant l'album. Alors dire exactement qui a joué quel rôle... Ma famille en tout cas.

Comment a émergé l'idée d'un album de remix ?

C'est arrivé lorsque j'ai dit que ce serait chouette de sortir le single « Fix it » avec un ou deux remix. Mes amis m'ont mis en contact avec Drew Daniel de Matmos/Soft Pink Truth, avec qui Grizzly Bear apparaissait sur la compile d'un petit magazine d'art new-yorkais. Du coup, il connaissait les chansons et ça l'a vraiment branché quand je lui ai demandé le remix, qui s'est révélé ahurissant. Ensuite, c'est devenu une spirale, hors de contrôle. Certaines personnes sont venues me voir et j'ai continué de demander. C'était génial de recevoir autant de réponses positives et de résultats aussi bons, et ils l'ont tous fait pour le plaisir, sans demander d'argent. C'était vraiment marrant, à chaque nouvelle arrivée d'un remix fini, j'avais l'impression d'ouvrir un cadeau de Noël. J'avais huit artistes sur mon tableau quand le label m'a dit que leur distribution gagnait en force, alors j'ai proposé de ressortir l'album avec le disque de remix en bonus gratuit.

Qu'est ce que vous pensez faire maintenant ? Peut-être un autre album ?

En fait, le prochain album est déjà terminé ! Nous sommes sur le point de signer un nouveau contrat avec un label plus international, qui sera encré et confirmé d'ici quelques semaines. Alors on espère voir ces nouveaux titres, vraiment différents et plus matures, sortir d'ici la fin de l'été ou le début de l'automne !

Quel est votre album préféré ces temps-ci ?

Pile maintenant, j'aime tout ce qu'a fait Hot Chip. Je trouve ça drôle, mais sans perdre le côté accrocheur, et bizarrement obsédant. Je les aime depuis le début et ça fonctionne toujours. Ma première impression, c'était que j'accrocherai quelques semaines avant de les vomir, mais je n'arrête pas d'y revenir ! Du très bon.

Horn of Plenty
Grizzly Bear

Asphalt Duchess
Sortie le 27 mars

Cédric Bégoc Le 27 March 2006
Sur Flu : - Le chronique de Horn of Plenty sur Playlist, le blog musique de Flu. - Le blog Myspace de Grizzly Bear. En écoute: 2 titres de l'album + 2 remix.