Il suffit de feuilleter un magazine spécialisé consacré au reggae pour constater à quel point les principaux acteurs de ce courant musical majeur sont âgés. Presque autant que dans le jazz… C'est le papy boum, le
Buena Vista Social Club version sound-system… Difficile pour des nouveaux venus de se hisser à la hauteur des légendes vivantes qui tournent encore dans le circuit. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire Groundation en moins de dix ans !
Ce groupe est né en 1998, de la rencontre entre trois musiciens californiens : Marcus Urani, Ryan Newman et Harrison Stafford qui joue le rôle de leader en tant que chanteur. Ils sont rejoints par David Chachere et Jason Robinson. Le batteur Paul Spina remplaçant James Stafford depuis décembre 2001. Ils ont tous en commun un background jazz mais partagent donc une passion pour le reggae roots. Très roots… À l'ancienne. Avec des cuivres, des choeurs et des riddims forgés sur la sacro-sainte trinité : basse / guitare / batterie. Leur premier album,
Young Tree, passe presque inaperçu à sa sortie. Il bénéficie pourtant du soutien logistique d'un ingénieur du son de renom, Jim Fox, à l'oeuvre derrière presque toutes les autres productions du groupe. Cet opus pose pourtant les bases du son propre à Groundation, très acoustique, mélodique et… mystique. Il sera remastérisé en 2002 bénéficiant ainsi d'une sonorité plus enveloppante.
Et de l'élan créé par leur deuxième disque,
Each One Teach One où figure le dubmaster
Scientist et Ras Michael qui perpétue le jeu traditionnel des percus (nyabinghi) qui fut la première forme de musique associée au mouvement Rasta. Suivra
Hebron Gate en 2002, avec cette foi-ci des contributions de
Don Carlos et
The Congos. Puis
We Free Again en 2004 qui leur amène une renommée internationale bien méritée. Un album dub s'intercale entre cette réalisation et leur dernière production en date,
Upon The Bridge paru en 2006, où apparaissent deux autres grandes figures du reggae : I Jahman et
Pablo Moses; ce qui en dit long sur la stature de Groundation…