Mahler naît en Autriche en 1860. Il entre au conservatoire de Vienne en 1875 où il fréquente Hugo Wolf. Ses compositions de jeunesses ont été perdues ou détruites, la première, datée de 1880, est
Das Klagende Lied, qui sera rejetée entre autres par Brahms, membre du jury devant lequel Mahler présente sa cantate. Bien qu’il soit sous la protection de Bruckner, Mahler doit, suite à cet échec, se consacrer à la direction d’orchestre, ce qu’il fait avec brio tout au long de sa vie. Il dirige ainsi à Vienne et à New York, les plus grandes symphonies et œuvres pour orchestre composées par les plus grands :
Beethoven,
Mozart,
Wagner etc.
Du point de vue de la composition, Mahler se consacre quasi exclusivement à la symphonie et au lied. Il va d’ailleurs réaliser une formidable synthèse de ces deux formes. Les lieder de Mahler sont en effet souvent pour voix et orchestre : il remplace donc le piano des lieder de
Schubert ou de
Schumann par un grand orchestre pour lequel la recherche musicale est très poussée. Mahler s’inspire de la musique passée et puise son inspiration chez tous ses prédescesseurs, de
Bach à Wagner en passant par Beethoven. En 1891, il devient le chef d’orchestre de Hambourg et compose la plupart des lieder du cycle
Des Knaben Wunderhorn, ainsi que la deuxième et troisième symphonies.
La structure même des symphonies est une nouveauté, puisque la troisième comporte six mouvements au lieu des quatre habituels. Il est intéressant de noter à quel point les quatre premières symphonies et les lieder composés à la même époque ont d’éléments en commun, en particulier les parties de voix. Cela illustre à quel point la fusion opérée par Mahler entre symphonies et lieder est importante. Après Hambourg, Mahler est nommé au poste fort prestigieux de directeur de l’opéra de Vienne en 1897. C’est à cette même époque qu’il se lie d’amitié avec les grands artistes du temps :
Klimt, Strauss et
Hauptmann. C’est également à cette époque qu’il devient le maître de
Schoenberg, inventeur à venir du dodécaphonisme puis du sérialisme.
Viennent ensuite les cinquième, sixième, septième et huitième symphonies – la cinquième ayant été révélée aux néophytes grâce au film
Mort à Venise de
Visconti qui prend le mouvement lent de l’œuvre de Mahler pour thème. Le compositeur autrichien ne se formalise pas sur la structure, puisque seulement deux mouvements formeront la huitième symphonie – à comparer aux six de la 3ème – ce qui révèle chez Mahler une certaine anticipation des bouleversements à venir au XXe siècle, avec un éclatement complet des formes et des structures. Mahler, s’il est à la charnière du XIXe et du XXe siècle est également le pont qui relie le romantisme et la musique moderne – la 5ème symphonie est la dernière symphonie romantique de la musique classique. En 1908, Mahler compose le
Chant de la Terre suivi de la
Neuvième Symphonie, semblables par l’autonomie des différentes parties composant les deux œuvres, comme si Mahler avait été un visionnaire d’exception. Sa dernière symphonie, inachevée, prolonge ce qu’il y avait déjà dans la neuvième, c’est-à-dire, entre autres, une gestion de la tonalité tout à fait nouvelle, comme un présage pour l’avenir…