On a forcé Berlioz à être et à rester une exception bien tranchée à la granbe, à l’éternelle règle, et c’est cela qu’il est et qu’il reste, aussi bien au fond qu’en apparence », Richard Wagner
Le siècle a trois ans lorsque Berlioz voit le jour. Il quitte sa province pour Paris en 1821 et entre au conservatoire en 1826. Il a pour professeurs Lessueur et Reicha. Ses premières compositions datent de 1828 avec l’Ouverture des Francs-Juges suivie un an plus tard par Huit scènes de Faust. C’est l’année suivante qui marque le début de ses succès, avec Sardanapale qui lui fait gagner le grand prix de Rome ainsi que son premier chef-d’œuvre : la Symphonie fantastique. Dans un style totalement romantique, Berlioz, en fin mélodiste, explore les diverses possibilités de l’orchestre, sans se soucier d’une quelconque forme canonique.
L’œuvre de Berlioz ne comporte aucune pièce n’impliquant pas un orchestre : il participe à donner à ce dernier une structure résolument moderne, exploitant des instruments jusqu’alors peu utilisés : l’octabasse, sorte d’énorme contrebasse – près de 2,5 m de haut – et plus tard, le saxophone – inventé en 1845 – qu’il intègre avec les sections de vents de l’orchestre. Berlioz rédigera d’ailleurs un traité d’instrumentation et d’orchestration en 1844 – l’instrumentation traitant des qualités intrinsèques des instruments et de ce qu’il est possible de leur faire jouer, tandis que l’orchestration est la science de l’assemblage des sons des instruments entre eux – qui fit autorité jusqu’au milieu du XXe siècle. Berlioz rejoint ensuite l’Italie pour un séjour à la villa Médicis (1831 – 1832) avant de revenir en France où il se marie avec l’actrice anglaise Harriett Smithson en 1833. Malheureusement pour Berlioz, malgré ses succès – en 1834 avec la symphonie Harold en Italie par exemple – il ne peut pas vivre exclusivement de ses travaux de compositeur et assure donc le rôle de critique musical pour le Journal des débats de 1835 à 1864. Une partie du public se rit de ses compositions : le Requiem en 1837, l’opéra Benvenuto Cellini en 1838 ou la symphonie dramatique Roméo et Juliette en 1839. Mais cette même année, il est fait chevalier de la légion d’honneur.
Berlioz connaît un tournant dans sa vie lorsqu’il part pour la Belgique avec Marie Recio, une chanteuse espagnole, en 1842. Il entame alors jusque deux ans avant sa mort, des tournées annuelles en Europe souvent très appréciées. C’est à cette époque qu’il devient l’ami de Félix Mendelssohn,
Franz Liszt,
Richard Wagner et Giacomo Meyerbeer. Il est acclamé dans les grandes villes musicales allemandes et autrichiennes – Vienne, Weimar, Berlin, etc. – et crée même un opéra comique à Baden-Baden,
Beatrix et Benedict, en 1862. Son dernier opéra parisien est écrit en 1863 :
Les Troyens à Carthage et remporte un succès tout relatif… Usé par les critiques, Berlioz est victime d’un accident vasculaire cérébral qui l’emporte en 1869. Ses mémoires seront publiés à titre posthume en 1870. Grand compositeur romantique français, Berlioz, même s’il a rencontré de nombreux succès, a souvent été la cible des critiques, tans de la part des professionnels que de la part du public qui n’hésitait pas à moquer ses innovations orchestrales. Cependant, certains compositeurs comme Wagner ou Liszt ont été plus clairvoyants que la majorité des contemporains et ont vu en Berlioz son originalité et la qualité de l’univers sonore qu’il a su créer.