La "génération techno" a (re)découvert Horace Andy à la faveur de contributions — anecdotiques au regard de ses faits d'armes antérieurs — que ce chanteur / toaster légendaire a commis avec la scène trip hop à l'orée des années 90s… Ce raccourci est évidemment cruel pour celui qui est né en 1951 et a commencé à chanter dès la fin des sixties. Son parcours est des plus classique. Comme presque tous les Jamaïcains qui se lancent dans la musique à cette époque, il commence à enregistrer quelques morceaux au gré des opportunités qui se présentent à lui avant d'être pris en main par l'incontournable Coxsone. C'est lui qui le rebaptise Andy (en lieu de Hinds, son véritable nom de famille). Il presse une série de 45t estampillés Studio One qui tournent dans les sound-systems et se placent dans les charts. Plusieurs titres deviennent des références et le reste encore aujourd'hui; dont
"Skylarking" qui sera aussi l'intitulé d'un album paru en 1969. Ainsi que
"Fever" et le fameux
"Mr Bassie" (en hommage au bassiste de
The Heptones). Les années 70s se poursuivent sur cette lancée et Horace Andy continue d'aligner des hits. Il réenregistre aussi
"Skylarking" avec la complicité de
Bunny Lee et
King Tubby. En 1977, Horace Andy s'installe aux États-Unis et publie
In The Light, un album qui a marqué également par sa version instrumentale mixée par Prince Jammy (
In The Light Dub).
Scientist sera aussi de la partie sur
Natty Dread A Weh She Want qui paraît en 78 sur New Star.
Il aborde les années 80 sur un autre tempo, celui du rub-a-dub :
Show Case sur Tad's,
In A Rub-A-Dub Style avec
Bim Sherman et U Black,
Dance Hall Style sur Wackies en 1982. En 1985 il traverse l'Atlantique pour aller vivre Londres. C'est l'année de toutes les collaborations : avec et
Dennis Brown, Patrick AndyRhythm Queen… D'autres singles et albums sont pressés également en Jamaïque où il a gardé ses entrées malgré son exil. En 1990,
Massive Attack le sollicite pour qu'il pose sa voix sur
"One love" et quelques autres tracks de leur album fondateur,
Blue Lines, aux côtés de Mikey General notamment… On le retrouvera ensuite sur les autres opus du combo originaire de Bristol. Parallèlement à cette "dérive", il enregistre également avec
Jah Shaka (
Dub Salute 1) et
Mad Professor (
Evolution Of Dub /
Black Liberation Dub 3). Cette collaboration n'aura donc pas altéré sa crédibilité auprès du milieu reggae-dub, ni des puristes, et lui aura permis de donner un autre souffle à sa carrière déjà bien remplie tout en multipliant des interventions ponctuelles : avec les
Dub Pistols (
Six Million Ways To Live sur Distinctive Records en 2003), Two Culture Clash, pour la compilation du label Renaissance,
3D,
Faithless, et les iconoclastes Easy Star All-Stars (
Radiodread sur Easystar Records en 2006), etc.