Interpol




Dans la scène rock-punk-électro new yorkaise, il y a la musique pour vous faire remuer les pieds et puis celle qui, en 2002, vous a tranché les jambes avec un seul album Turn On The Bright Lights. Cinq ans après, Interpol revient avec son troisième opus Our Love To Admire. Interview de deux New Yorkais à Paris.

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Journée promo. Chambre d'hôtel à la déco ringarde. Cafés sur la table. Et en face de nous sur le canap' : Daniel Kessler et Carlos Dengler, guitariste et bassiste d'Interpol.

Comment avez-vous abordé le cap du 3ème album ?

Daniel : Quand nous nous sommes mis d'accord pour écrire ce qui serait le 3ème album, nous voulions évidemment qu'il y ait une évolution par rapport à notre manière d'écrire et à tout ce que l'on avait fait avant. On n'est pas le genre de groupe qui a une façon de faire les choses ; on n'a pas un son prédéfini ou une façon de travailler. Et je pense qu'avec le 3ème album, il n'était pas question de prouver quelque chose à quiconque. Il s'agit de faire quelque chose qui te plaît, qui te passionne. Artistiquement, vous devez ressentir que vous avancez et je pense qu'on a évolué, mais de façon naturelle.

Votre vision de cette scène new-yorkaise dont on parle tant ?

C'est pas vraiment une scène. NYC est l'une des plus grosses villes du monde et il se trouve qu'il y a beaucoup de bons groupes qui y sont installés. Et pas mal de ces groupes font partie de nos amis ou de nos connaissances. Je ne pense pas que l'on porte plus d'attention que ça à cet endroit, à d'où l'on vient, à ce que l'on fait. NYC est notre foyer et c'est ce que nous avons en commun dans le groupe. On a écrit toutes nos chansons à New York et on y fait tout. Mais à part ça, on ne se préoccupe pas de faire partie d'une scène. D'ailleurs, ce n'était pas une vraie scène quand on a commencé.

L'équilibre dans le groupe ?

On est quatre personnes bien distinctes et on a beaucoup travaillé pour en arriver là. On ne se connaissait pas quand on a commencé. Ce qui nous a aidé à continuer, alors que pendant les 3-4 premières années personne ne s'intéressait au groupe, c'est qu'une osmose naturelle s'était développée. On est vraiment différents, on a un background musical différent, mais il y a un fond commun. Ca ne tient pas au fait qu'il (Carlos) soit un bassiste, Paul un chanteur-guitariste, c'est plutôt que l'on s'est trouvés. On a fait évoluer les chansons et on y a trouvé du potentiel. Ce qui nous constitue aujourd'hui, c'est cette fondation. C'est pas tellement parce que chacun est bon dans ce qu'il fait, c'est dans la façon dont chacun a trouvé le moyen d'apporter sa touche perso aux compositions et de faire avancer le groupe. C'est pas une chose facile. Pas mal de groupes auraient abandonné. On a publié notre 1er album presque cinq ans après que j'ai rencontré Carlos. La plupart des groupes à New York ne peuvent pas se permettre de rester ensemble aussi longtemps...c'est trop cher et difficile.

Rita Carvalho.

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