Avoir fait 200 concerts avec des musiciens a changé mon rapport à la musique. Cela m'a donné envie de penser plus en tant que musicienne, plus seulement en parolière qui fait des mélodies et s'accompagne au piano. ”
Les distraits l'avaient classée dans la case « trentenaire racontant le quotidien des gens de sa génération. ». Or, Jeanne Cherhal, deux nattes à ses débuts, ex-fifi-brindacier, n'a pas encore trente ans. Et croque le quotidien, tout court, avec tendresse et humour.
Née le 28 février 1978 à Nantes, elle se rêve danseuse. En vain. Elle rate l'entrée à l'Opéra de Paris. Un mal pour un bien : elle se met au piano à l'âge de douze ans, et écume les salles de la région nantaise avec des groupes de rocks.
Ses influences ?
Björk et
Tori Amos. Alors qu'elle rédige son mémoire de maîtrise de philo, son répertoire de chanson s'épaissit. En 1999, elle fait la première partie de
Georges Moustaki au TNT de Nantes, connaît un passage remarqué au tremplin des Vieilles Charrues, et signe, en 2000, pour une tournée de 80 dates avec le réseau Chaînon manquant (aide aux nouveaux talents).
En 2002, elle partage l'affiche avec
Vincent Delerm, puis assure la première partie de
Thomas Fersen. Le public commence à connaître et apprécier cette artiste pétillante et pertinente, à la voix remarquable, qui sort un album live sur le label Tôt ou Tard.
En 2004, elle publie son premier album de compositions originales Douze fois par an, réalisé par Vincent Segal (M, Bumcello). Jacques Higelin, dont elle a assuré à maintes reprises la première partie, partage, avec elle, un duo sur Je voudrais dormir. Sacrée « Artiste Révélation du public » aux Victoires de la Musique, elle enchaîne les dates, puis s'accorde une pause durant laquelle elle joue dans la pièce Les monologues du vagin. Avec JP Nataf, ex Innocent, elle créé le groupe Red Legs, qui reprend des standards. Ensemble, ils se produisent en première partie, dans les bars, aux quatre coins de la France, et notamment aux Francofolies de La Rochelle. Sort en 2006 son troisième album, aux contours « pop » plus insaisissables, L'eau, réalisé par le chanteur
Albin de la Simone.