John Lydon naît dans une famille pauvre d’origine irlandaise. Enfant, il souffre de pathologies entraînées par le manque d’hygiène et la sous-alimentation – ce n’est pas tout à fait un hasard, si les trois autres Pistols le surnomment « le pourri » : sa dentition ressemble à un cauchemar de dentiste.
Il ressent durement les limites intellectuelles de son milieu et décide de rejeter la religion. Ses amis de l’époque le décrivent comme un enfant d’une timidité maladive. En 1973, il fait la connaissance de John Ritchie, qu’il surnomme – non sans lucidité -
Sid Vicious et qu’il entraînera, quelques années plus tard, à sa perte, c’est à dire dans l’aventure
Sex Pistols.
A l’âge de dix-sept ans, Lydon et Vicious sont virés de leurs foyers respectifs et s’installent dans un squat, tout en poursuivant leurs études – avec plus ou moins de sérieux - au Kingsway College. Point positif : ils y font la connaissance de John Wardle, alias Jah Wobble, futur bassiste de
PIL.
En 75, tous trois passent leurs après-midi à traîner sur King’s Road et finissent par être repérés par
Malcolm Mclaren, toujours en quête d’un chanteur pour le groupe qu’il essaie de lancer. Lydon passe la célèbre audition près du juke box du magasin Sex, où on lui demande de chanter sur le
Eighteen d’
Alice Cooper. Il est engagé sur le champ.
En janvier 78, à la fin de la chaotique tournée US des
Sex Pistols, Lydon quitte la scène du Winterland en demandant au public : « Vous n’avez pas l’impression de vous être fait arnaquer ? » Cette dernière provocation - en tant que Sex Pistols - marque la fin du groupe et peut-être celle du mouvement punk. Pendant une dizaine d’années, Lydon ne parlera aux autres Pistols que par avocats interposés.
Fin 78, il est de retour avec un nouveau projet :
Public Image Limited. La carrière du groupe commence très fort, par un
First Issue, qui calme tout le monde. Non, les Sex Pistols n’étaient pas que les créatures de McLaren ! Et le John Lydon qui se révèle ici ne ressemble décidément pas à l’un de ces artistes qu’un manager peut manipuler impunément.
En 79, PIL livre sa fameuse
Metal Box. Un album commercialisé sous forme de trois maxis dans une boîte de métal ronde. L’auteur Lydon y règle ses comptes avec Dieu, l’Etat et la famille. Sanglant.
En 80, ils sortent à la hâte un album en public, le joliment nommé
Paris au printemps, qui cache mal les dissensions au sein du groupe, amputé de sa section rythmique d’origine.
En 81, désormais seuls aux commandes, John Lydon et Keith Levene sortent un album radical,
The Flowers of Romance. Le nom est inspiré de celui de l’ancien groupe de Sid Vicious.
Et puis vint le tube ! Parce qu’il en fallait bien un. L’année 1983 résonne de ce
This is not a love song provocateur et agaçant où l’on savoure le cynisme de Lydon.
L’album suivant,
This is what you want…
This is what you get a une bien étrange histoire, typique de l’ambiance de ce groupe hors norme. Le guitariste Keith Levene ayant quitté PIL avant la sortie de l’album, Lydon efface toutes les pistes de guitare avant sa commercialisation et les remplace par des cuivres. Levene sortira de son côté sa version de l’album, avec les pistes de guitare. Un groupe dysfonctionnel ?
La suite de l’histoire n’est plus celle d’un groupe mais une aventure solitaire, parfois intéressante... Au fil des années, John Lydon s’autorisera tout, des incursions dans tous les genres musicaux, avec des musiciens recommandables ou pas, qui vont d’
Afrika Bambaataa,
Bill Laswell ou
The Chemical Brothers à un
Joe Satriani, dont le seul fait d’écrire le nom me fais déjà presque mal !
A lire l’autobiographie de John Lydon :
No irish – No blacks – No Dogs, publiée en 94.
+ John Lydon fut un génie absolu doublé d\'un artiste d\'exeption qui eu plus d\'une génération..