Juan « Model 500 » Atkins
Fils d’un promoteur de concert américain, Juan Atkins est natif de Belleville, une banlieue pavillonnaire de Détroit. Il y alla au lycée avec Kevin Saunderson et Derrick May, les trois inventeurs de la techno ( Belleville 3). Musicien de formation (basse, batterie, guitares et claviers) la production toute en synthé d’un album de Parliament en 1978 le fait tilter sur la musique électronique et s’intéresser au mix. Depuis 1981, il est passé de l’électro-pop à la techno et reste un des génies du son de Détroit.
Cybotron mode D’abord connu sous le nom de son premier groupe Cybotron, Juan est un jeune homme poussé par son père à faire de la musique et qui vénère le funk de Detroit, la ville du
MC5, desStooges et de George Clinton, celui de Parliament et
Funkadelic, pas de Monica Lewinski ! Découvrant à la radio, via les émissions du mentor sonore de l’époque DJ Charles Johnson
The Electrifying Mojo, le mix de tous les sons en vogue ( Nova avant l’heure !) qui passe les tubes européens de
Kraftwerk, Telex et
Depeche Mode avec du rap dans une programmation hyper-éclectique, il tombe sous le charme et s’achète un sampler pour mixer et composer. Avec Derrick May et Kevin Saunderson, il s’atèle à construire des sons dans l’air du temps et monte son groupe pour les jouer. Ce sera Cybotron qui fait du funk électro et avec lequel il obtiendra une certaine reconnaissance en 1983. Certain de croiser le son électronique avec le funk pour trouver la piste d’un jazz électro avec
Techno City, c’est en découvrant le
Planet Rock d’
Afrika Bambaataa qu’il se verra en retard d’un métro et plongera directement dans la techno en radicalisant sa démarche, après un single annonciateur de sa nouvelle direction
Clear ; un label techno anglais en reprendra le patronyme au début des années 90, lançant Herbert
100 LB’s) au passage. Lâchant son groupe, il persévère un temps dans le même registre, purement électronique, mais d’une approche assez pop pour son nouvel avatar Model 500 qui va aller de plus en plus vers l’épure techno des boucles et des rythmiques machiniques, en gardant l’esprit funk et électro.
Atkins a lâché sa basse funk pour un synthétiseur parce que cela lui permettait de trouver le son qu’aurait eu un OVNI atterrissant sur sa pelouse… ( The Wire 1997)
Model 500 et le FlowToujours basé à Détroit, et ayant convaincu ses amis de faire encore plus musicalement radical, il fonde le label Metroplex en 1985, après s’être occupé pendant des années d’un club de DJ pour présenter la musique du lieu, avec Eddie (Flashin’) Fowlkes. Son premier single
No UFO’s est un tube américain et le fait connaître en Europe où il signe, un peu plus tard chez Tresor, label berlinois émanation du club éponyme. Il est alors le godfather of techno et joue dans le circuit des clubs, ses titres les plus célèbres sont alors
Ocean To Ocean, Jazz is the Teacher, The Flow et
Future, tous sur la compile des
20 Years of Metroplex, l’indispensable de Juan Atkins sous ses appellations et collaborations diverses. Lâchant peu à peu l’électro, il va plus loin que le Derrick May de
Strings of Life et suit les traces de Underground Resistance (Jeff Mills et Mad Mike) dans un radicalisme sonore qui lui fait adopter le nouveau pseudo d’Infiniti, dont le
Harddrive sonne assez martial et conquérant, tandis que le tube
Flash Flood joue du carambolage de boucles et d’un pied de batterie limite house, sur fond de mélodie minimaliste.
Toujours en activité, jouant live dans les grands rassemblements et festivals, du style Sonar, il joue sous les noms d’Infiniti ou de Model 500, selon qu’il aborde un set version techno ou versant électro. Juan Atkins reste un découvreur et le premier visionnaire de la techno de Detroit. S’il passe en club, ne le ratez sous aucun prétexte, encore plus rare que Derrick May en Europe, ces dernières années, il est vraiment excellent au mix en club, entre ses propres compositions et les disques introuvables qu’il déniche lors de ses pérégrinations.