Le parcours de Justin Timberlake est exemplaire : d'enfant star à sex symbol pour pré-adolescente, de sujet de moqueries publiques à chouchou improbable des critiques, ce gamin du sud des Etats-Unis est parvenu à se sortir du moins respectable des ghettos musicaux pour gagner la reconnaissance de ses paires et des journaliste sans perdre celle du grand public. En plus, toutes les femmes rêvent de coucher avec lui.
Justin, Britney, Christina et tous leurs amis...
Le monde (ou les Etats-Unis que l'on peut bien considérer comme Le Monde. Ils ne se gênent pas pour le faire eux même, en tout cas) a découvert Justin Timberlake comme animateur du Mickey Mouse Club sur Disney Channel dans les années 1990. Alors que nous avions le mielleux Jean Pierre Foucault et la transparente Anne sur TF1, l'émission américaine était un véritable nid de futurs stars :
Britney Spears,
Christina Aguilera et JC Chasez (futur membre de *NSYNC aux côtés de Timberlake) font partie des gamins qu'on plante devant les caméras et dont on ruine l'enfance pour exploiter celle de millions d'autres.
En 1996, Timberlake et Chasez, alors à peine pubères, rejoignent Lance Bass, Chris Kirkpatrick et Joey Fatone pour former *NSYNC, boys band américain dont on entendra peu parler en France mais qui rendra folles d'amour les pré-adolescentes du monde entier (ainsi que leurs grandes soeurs les moins éveillées sexuellement). Justin apprend à danser, à exploiter son charme naturel, à chanter et même à écrire des chansons. Il compose ainsi lui même les derniers singles du groupe en 2001, montrant une progression très rare pour un membre de boys band.
Chez nous en France on apprend son nom via la liaison soi disant platonique qui l'unirait à Britney Spears.
Justin Timberlake rencontre Timbaland
Après la sortie de Celebrity en 2001, *NSYNC se sépare donc, principalement parce que ses membres se sentent trop vieux pour jouer à ce jeu et veulent être pris au sérieux comme artistes solo. Et puis Justin et Britney se sont séparés : d'après ce que le premier a très lourdement insinué à plusieur reprise, elle l'aurait trompé et pour lui c'était la fin du "teen dream".
Justified en 2002 le verra donc embrasser pleinement un son RnB moderne grâce à une collaboration étroite avec les producteurs les plus hype du moment : les Neptunes (sur les tubes "Señorita" et "Like I Love You", notament) et
Timbaland avec lequel la collaboration sera plus étroite, en particulier sur "Cry Me A River" qu'ils écrivent ensemble, un gigantesque mélodrame 2-step sur la trahison de Britney qui aura un retentissement énorme dans les charts et les conscience.
Avec cet album Timberlake s'est imposé comme un crédible prétendant à la succession de
Michael Jackson et s'il reste pratiquement hors des studios quelques années par la suite pour tenter en vain de s'imposer comme acteur à Hollywood, il entretient la mémoire du public en apparaissant sur des tubes des
Black Eyed Peas ou
Snoop Dogg.
Justin et le futur du sexe
En 2006 Timberlake retourne enfin en studio pour enregistrer un second album, cette fois ci presque intégralement produit par Timbaland (à l'exception d'une poignée de titres très moyens sur lesquels il collabore avec
Rick Rubin).
FutureSex/Lovesounds lorgne cette fois ci du côté de
Prince plus que de Michael Jackson avec quelques titres de funk libidineux et ultra-modernes qui vaudront au disque d'être l'un des plus réussis et des plus vendus de l'année.
Cette fois ci Timbaland et Timberlake semblent inséparables : le producteur accompagne son artiste sur sa mini-tournée triomphale tandis que le chanteur apparait sur l'album solo du producteur. Ensemble ils deviennent une équipe très demandée par les vieilles stars en quête d'un peu de sang neuf (
Duran Duran,
Madonna,
50 cent...) et ne quittent jamais les charts trop longtemps, au risque cependant de lasser même leurs plus fervents supporters dans la presse. Peut-être Timberlake ferait-il bien de redonner une chance à sa carrière d'acteur avant d'enregistrer un nouvel album ?