Graduation de Kanye West



Critique

Lecteurs

Votre note

Graduation est le plus fort



Humble, Kanye West ? Impossible ! Et pourtant. Le revoilà presque sobre avec ce qui est son meilleur album pour le moment, Graduation.

Ce disque est humble lorsqu'on le compare à The College Dropout et Late Registration. Il y a toujours des choeurs grandiloquents, quelque samples faciles et un égocentrisme évident chez Kanye West. Peu de guests, seulement treize chansons, et aucun des pénibles "skits" des albums précédents. Pour l'homme qui a pondu "Jesus Walks", c'est presque du light.L'intérêt du personnage Kanye West a toujours été dans son inconfort. Il célèbre le mode de vie hédoniste de tout rappeur qui se respecte, répète qu'il est le meilleur, mais il ressent toujours le besoin de se justifier. Il sort son troisième album sur sa décision de laisser tomber ses études et continue de s'expliquer à ce sujet. C'est d'ailleurs là qu'il pêche : son égocentrisme était charmant, mais au bout de cinq ans on a l'impression d'avoir fait le tour d'un sujet qui le fascine toujours autant. Pour le style, l'équilibre "flow moyen/traits d'esprits rigolos" habituel n'a pas changé.

La production, elle est impeccable. Kanye fait semblant d'avoir inventé Daft Punk avec aplomb sur "Stronger" (un sample bien moins évident qu'il peut paraître vu d'ici où on vit toujours dans le mythe de "Daft Punk, petit duo français devenu méga stars internationales"). On lui a pas mal reproché de n'avoir rien changé à l'original mais une écoute au casque révèle comme toujours une foule de petits détails qui font de Kanye plus qu'un nouveau P. Diddy. Ailleurs le détournement de "Sing Swan Song" de Can pour "Drunk And Hot Girls" ressemble trop sur le papier à une blague de music-geek pour ne pas fonctionner à merveille dans la réalité. On pourra aussi s'amuser à reconnaître Steely Dan et un featuring tout à fait correct de Chris Martin de Coldplay (on serait étonné si Kanye n'avait pas déjà réussi à faire quelque chose du mec de Maroon 5 sur Late Registration).

Le reste est partagé entre des morceaux à base de vieux samples soul faciles (mais efficaces) qui sont sa marque de fabrique et une obsession toute nouvelle pour des synthés (cf. le superbe "Flashing Lights") qui promettent un avenir intéressant à West, surtout s'il se tient au concept originel et élargit enfin ses horizons au delà de l'université sur son prochain disque.

 

2goldfish Le 04 janvier 2008
Par ici la petite histoire du hip-hop sur Flu !