In Gumbo de Kasper Bjorke



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Electronic voodoo land



Comment se fait-il que la Norvège, la Finlande, la Suède et l'Islande semblent se réveiller aujourd'hui, affichant une forme étonnante, de la pop au néo disco? Après Lindstrom, Rune Lindbæk, Prins Thomas et Oh No Ono, voilà Kasper Bjorke qui nous un ovni: In Gumbo.

Encore une fois, c'est l'extrême nord de l'Europe qui nous offre une belle tranche de funk electro mâtiné d'italo disco et de pop déviante en la personne, très étrange et totalement inconnue dans nos contrées, de Kasper Bjorke.

 

In Gumbo a tout de l'ovni. Sorti de nulle part sous une pochette réellement intrigante, ce premier album solo de Kasper Bjørke (il est également membre du groupe Filure) est la carte de visite plutôt salement emballante d'un artiste polymorphe au charisme certain. Ce Danois filiforme d'une trentaine d'années que l'on imagine raisonnablement aussi fan de Prince que d'electro classique, accouche du genre d'album jouissif que l'on garde par devers soi. Pas par égoïsme, mais avec un peu de honte, de peur de se heurter à l'incompréhension de ses amis.

Il faut dire que cette grande bringue frisée ne nous mâche pas le travail. Comme beaucoup de ses compatriotes (au hasard, Oh no Ono), Bjørke flirte constamment avec les limites du mauvais bon goût et pourtant, on se plonge dans cet album d'electro voodoo music avec un enthousiasme sans limite. Riffs de guitare 80 et synthés viriloïdes sur l'exubérante power pop de "Back & Spine" et son refrain entêtant (le hit de l'album), moiteur de backroom musquée sur l'incroyable "Humming Song" qui célèbre le croisement du funk le plus torride et des gargarismes traditionnels eskimos (la naissance du funk lapon ?), electro romantique et sensibilité new wave sur "Thunderstorm", cavalcade de percussions néo-disco et chœur gospel sur "Liquid Propagnosia", electronica primitive en mode Atari sur "Wombats" et "Lost Signal", punk-funk sur "Ctrl", italo sur "Igo Ugo" (autre sommet de ce disque hors normes), soul glaciale sur "Doesn't Matter", magnifique pour peu que vous n'ayez pas d'allergie à la new wave commerciale des années 80 et enfin pop psychédélique sur le mélancolique "Man My machine (The Requiem)". Sur le papier cela peut vous sembler disparate. Ne vous y fiez pas, In Gumbo est l'œuvre d'un type qui sait où il va. Il y a une logique, une unité de ton dans tous ses morceaux. Une patte, un style, une âme quoi.

 

Si vous aimez le gumbo, cette soupe de la Nouvelle-Orléans dans lequel marine un peu de tout, vous y serez ici à votre aise. C'est chaud, épicé, varié, il y a plein de truc bizarre dedans et on ne s'ennuie jamais.

 


 

 

Maxence Grugier Le 13 January 2008

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