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Nationalité : anglaise Naissance : 18 December 1943 à Dartford Age : 65 ans Métiers : Chanteur, Guitariste, Auteur-compositeur, Acteur, Pianiste, Bassiste Genre musical : Rock |
Véritable légende de la six-cordes, Keith Richards, chanteur occasionnel, bassiste et pianiste à ses heures, s'avère être le principal artisan du succès des Rolling Stones, et par-là même l'un des personnages majeurs de l'histoire du rock'n'roll, aux côtés de son célèbre complice Mick Jagger.
Le héros du jour naît pendant la seconde guerre mondiale, le 18 décembre 43, à Dartford dans le nord-ouest du Kent. Son géniteur, ouvrier et fils de militants socialistes, va être grièvement blessé au cours du conflit. Du coup, Keith passe beaucoup de temps avec son grand-père maternel, jazzman averti qui se charge de lui transmettre le virus. Sa môman contribue également à éduquer ses tympans en lui faisant découvrir Louis Armstrong, Billie Holiday, Duke Ellington... Elle lui achètera en outre sa première sèche, dont il saura faire bon usage. En primaire, le petit Richards fréquente les mêmes bancs que Mick Jagger, qu'il perd de vue lorsqu'il change de quartier. Son éducation musicale se poursuit dans la chorale de son collège, où ses talents de chanteur soprano vont lui permettent de se produire à Westminster devant la Reine Mère. En parallèle à cette formation classique, il use ses doigts sur sa six-cordes en s'inspirant des plans des bluesmen afro-américains et en apprenant par cœur les riffs de Chuck Berry et de Scotty More, complice d'Elvis.
En 1960, la future star retrouve par hasard son ami d'enfance Mick. Les deux ados découvrent qu'ils partagent les mêmes goûts et Keith est invité par le futur leader des Stones à se joindre au groupe qu'il vient de former et dans lequel joue également un de leurs amis communs, le bassiste Dick Taylor. C'est avec ce dernier et trois autres musiciens, le pianiste Ian Stewart, le guitariste soliste Brian Jones et le tambourinaire Tony Chapman, que les deux anciens camarades de classe vont monter en 62 les Rolling Stones, dont le nom renvoie à une chanson de Muddy Waters. Armés d'un début de répertoire composé pour l'essentiel de reprises de blues, de rhythm'n'blues ainsi que de rock'n'roll, les cinq compères donnent leur premier concert la même année, en juillet. La formation évolue rapidement : Dick Taylor fonde The Pretty Things et cède la place au bassiste Bill Wyman, Charlie Watts prend la place vacante du batteur, tandis que le claviériste Ian Stewart est relégué dans l'ombre par le premier manager du groupe. Après avoir enregistré en mars 63 une démo au studio londonien IBC, les Stones se produisent fréquemment dans deux clubs. C'est dans le second, le Crawdaddy, qu'il attirent l'attention du jeune publicitaire Andrew Loog Oldham, qui a déjà bossé avec Bob Dylan et Little Richard et qui leur propose de prendre leur carrière en main. Dès lors, les choses se précipitent : le quintet signe rapidement avec Decca et sort deux singles, composés de covers de Chuck Berry, de Willie Dixon et des Beatles. Côté scène, les concerts se multiplient, jusqu'à devenir quotidiens, et les cinq rockers commencent à vivre de leur musique. Suite au scandale qu'ils suscitent à cause de leurs cheveux longs lors de leur premier passage télé, leur manager Oldham met au point leur image de rebelles afin de les distinguer des gentils Fab Four.
Poussés par le même homme à composer ensemble - à l'image du tandem Lennon - McCartney , Keith Richards et Mick Jagger vont écrire leurs premiers cartons avec « The Last Time » et « Satisfaction », tirés de leur album Out Of Our Heads. Le succès croissant de leurs singles atteste de l'immense talent de songwriter du premier et de sa science du riff héritée de Chuck Berry. Non content de squatter les cimes des charts, le duo explore bientôt de nouveaux horizons sous l'influence de Brian Jones : gimmick de marimba (« Under My Thumb ») et instruments folkloriques (« Lady Jane ») sur Aftermaths, riff de sitar (« Paint It Black »), influences psyché, music-hall (sur Between The Buttons)... Parvenus au rang de superstars en enchaînant tube sur tube et auréolés d'une réputation de bêtes de scène à force de tourner sans relâche, les Stones vont donc également acquérir le statut de défricheurs, d'artistes innovants. La critique les chouchoute, le public les adule, les groupies les harcèlent et les rockers en profitent allègrement, tout en s'empiffrant de drogues avec un appétit proprement gargantuesque. Keith et Mick se feront justement épingler pour la première fois à cette époque. Le premier entame par ailleurs une liaison avec l'actrice allemande Anita Pallenberg, jusque-là engagée dans une relation plus que tumultueuse avec son collègue Brian Jones.
Suite à l'échec commercial de son opus expérimental Their Satanic Majesties Request, le groupe décide de se recentrer sur le rock casher. Ce revirement est favorisé par la nouvelle technique de jeu de Keith, qui n'hésite pas à sacrifier sa corde de mi grave pour adopter l'open tuning, système d'accordage des bluesmen avec lequel il compose une poignée de hits bien bruts et surtout foutrement efficaces (« Jumpin' Jack Flash », « Street Fighting Man », « Gimme Shelter », entre autres...). Si les Stones remontent au sommet avec les deux disques Beggars Banquet et Let It Bleed, ils pâtissent de la dérive de leur guitariste Brian Jones, qui finit donc par se faire virer en juin 69 au profit du gratteux Mick Taylor, avant de mourir noyé au fond d'une piscine un mois plus tard. Comme un malheur n'arrive jamais seul, le concert que le quintet donne en décembre à Altamont en Californie se solde par le meurtre d'un des spectateurs. De l'autre côté de la balance, Keith Richards assiste à la naissance de son premier enfant et au niveau musical, l'état de grâce se prolonge avec Sticky Finger (« Brown sugar », « Wild horses »...) et le double album Exile On Main Street, suivi d'une tournée triomphale aux USA.
A partir de 73, le groupe connaît une lente baisse de régime, qui aboutit dès l'année suivante au départ de Mick Taylor, remplacé par le gratteux Ron Woods. Si les prestations live des Stones demeurent époustouflantes, leurs disques s'avèrent décevants et le quintet s'enlise bientôt dans la disco. Ce manque d'inspiration s'explique notamment par l'addiction croissante de Keith à l'héro. Ses relations avec Mick Jagger se détériorent petit à petit et le guitariste est en proie à de grosses crises de doutes. Ses problèmes de drogue lui valent en outre quelques interdictions de séjour - entre autres en France - et l'amènent à passer par la case zonzon. Pour couronner le tout, il enterre un certain nombre de ses proches, dont son troisième enfant et ses amis Graham Parsons et Ian Stewart, et rompt avec sa compagne Anita en 1980. En 86, il participe à peine à l'enregistrement de l'album Dirty Work et semble même sur le point de quitter le groupe.
A défaut de briller en groupe, Keith développe à l'époque ses projets personnels : après avoir collaboré avec les Beatles et la fine fleur du blues (Billy Preston, Alexis Korner) dans les années 60, après avoir joué avec les pointures du reggae (Peter Tosh, Max Romeo) et au sein des New Barbarians avec les membres d'autres formations célèbres (The Small, The Meters), le guitariste bosse avec Tom Waits, Aretha Franklin, Nona Hendryx ou encore Ziggy Marley. Mais surtout, il initie et supervise un film consacré à son idole Chuck Berry et publie en 88 son premier opus solo, un disque baptisé Talk is Cheap qui fait suite à un deux-titres de reprises de reggae paru en 79. Ce bol d'air lui permet de revenir en meilleure forme avec ses quatre compères l'année suivante : les Stones sortent alors Steel Wheels, un disque chaleureusement accueilli par la critique et le public, et commencent à faire la tournée des stades. La machine étant relancée, Keith retourne à ses side-projects au début de la décennie 90 : il publie un live enregistré au Hollywood Palladium en 88 et un nouvel album, Main Offender, en 92. Il travaille également avec des légendes du blues (John Lee Hooker ou B.B King), du rhythm'n'blues (Bo Diddley) et de la soul (Bobby womack) et apparaît notamment aux côtés de Marianne Faithfull, des Chieftains ou de Sheryl Crow. Il réalise enfin avec les Stones deux disques plus ou moins aboutis (Voodoo Lounge et Bridges To Babylon) et continue de remplir les arènes, tout en s'efforçant de jouer de temps à autres dans des salles aux dimensions plus modestes. Dans les années 2000, le groupe se concentre quasi-exclusivement sur ses tournées monstres, ne livrant qu'un seul album en 2005, le très bluesy A Bigger Band.
En 2006, Keith Richards a frôlé la calanche en chutant du haut d'un cocotier alors qu'il était en vacances dans les îles Fidji. Deux mois après avoir été opéré, le guitariste est reparti écumer les scènes avec ses compères. Preuve de sa bonne santé mentale, il a depuis déclaré dans une interview accordée au NME avoir sniffé les cendres funéraires de son père, avant de se rétracter quelques jours plus tard en précisant qu'il s'agissait d'une simple plaisanterie...
Christophe Alexandre
| Personnalités Similaires | The Kinks, Van Morrison, The Animals, Small Faces, The Pretty Things |
| Inspirations | Chuck Berry, Elvis Presley, Muddy Waters, The Everly Brothers, Robert Johnson, Charles Mingus , Bo Diddley |
| Collaborations | Toots And The Maytals, Max Romeo, Eric Clapton, The Beatles, Tom Waits, The Rolling Stones, Aretha Franklin, Johnny Depp |
| Amis/Famille | Mick Jagger |
| Amourettes | Marianne Faithfull |
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