C'est difficile de se renouveler. Il faut toujours que ce soit un angle nouveau pour pouvoir continuer sans que ce soit artificiel. Toute la gymnastique est là. ”
Hervé Despesse/Kent naît en 1957 à Venissieux dans la banlieue de Lyon. Féru de bandes dessinées, ce fils d'ouvrier réussit à s'acheter une guitare à 14 ans. Lors du divorce de ses parents, il emménage avec sa mère dans le quartier de la Croix Rousse, qu'il célébrera plus tard en chanson.
En 72, il crée avec deux copains, Phil et Jello, le groupe Scooter, qui devient, en 75, Starshooter. Avant de jouer dans la cour des grands, ils jouent dans la cour du lycée, où ils connaissent leurs premiers succès. En pleine mouvance punk, les quatre membres du groupe crient leur rage, entre provocation et humour. En 1977, ils assurent la première partie d'Higelin à Grenoble, événement déclencheur. Ils sortent alors un premier album en 78, puis signent chez EMI. Après quatre albums, et quelques tubes, le groupe rock emblématique de la France des années 1970 se sépare. Kent se lance alors dans une carrière solo avec la sortie de Partout c'est la merde en 1982 dans la veine de Starshooter, suivi de Amours propres. Inspiré par les aventures de Tintin, il signe sous le pseudo de Kent Cockenstock. Alors qu'il hésite entre le son « rock » des années Starshooter et son esprit musical à venir, le succès se fait mitigé. Il s'installe alors au Cameroun d'où il ramène en 1985 un album, Embalao. En parallèle, il publie quelques bandes dessinées dont Sales amours en 1982, puis Les aventures de Bob Robert l'aviateur en 1985. Avec Le Mur du son (1987), le public découvre le guitariste Jacques Bastello, désormais indissociable de Kent. Tous deux, ils signent A nos amours en 1990, suivi de Tous les hommes en 1991, deux albums tendres et poétiques, où Kent semble avoir enfin trouvé sa voix. En 1993, il publie Un autre occident qui met en musique des textes de
Samuel Beckett,
Jacques Prévert,
Paul Eluard, et convie des artistes tels le quatuor Chanson Plus Bifluorée et
William Sheller.
En 1994, le titre écrit par le chanteur pour sa complice Enzo Enzo Juste quelqu'un de bien connaît un succès triomphal dès sa sortie. Après trois romans (Des gens imparfaits, Les nouilles froides et Un été pourri), il publie son huitième album, Nouba, qui mélange l'accordéon de Belleville à des ambiances orientales. Mais, c'est toutefois sur scène que l'artiste généreux et charismatique, donne toute la mesure de son talent. En 1998 sort Métropolitain, un album plus orienté techno, belle parenthèse offerte au public, avant de retrouver
Enzo Enzo sur scène pour un spectacle en duo intitulé Enfin seuls !
L'album Cyclone sorti en 2000, au succès léger, amorce des bouleversements : Kent se sépare de Jacques Bastello et quitte Barclay, sa maison de disque. Suivent alors les albums Je ne suis qu'une chanson (2002), aux sonorités plus acoustiques, dues à l'accordéon d'Arnaud Mithivier ; puis Bienvenue au club, auquel collaborent
Laurent Voulzy,
M,
Mickey 3D,
La Grande Sophie, un album plutôt rock qui s'amuse d'un retour aux sources.
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