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Maison mère mythique du mouvement hip hop fort et contestataire, lieu d’hybridation musicale concentrée, Def Jam aura été dans la seconde moitié des années 80 le fondateur d’un nouveau courant de pensée et un tremplin fantastique pour de nombreux artistes aussi différents qu’originaux.
Finalement, les débuts de Def Jam n’auront pas été mieux représentés que par leurs instigateurs, Russel Simmons et Rick Rubin. Né grâce au jeune musicien universitaire new-yorkais Rick Rubin, le label Def Jam apparaît en 1982 et sert de premier label pour le groupe punk de Rubin, Hose. De base, influencé par le metal et le hardcore, Rick Rubin s’intéresse également de près au rap. Il fait la connaissance de Russell Simmons, dont le frère est Run de Run DMC, par le biais de Jazzy Jay en 1984. Ensemble, ils décident d’affiner le projet initial de Rubin, et spécialisent Def Jam pour devenir un support fiable pour de jeunes artistes talentueux mais n’ayant pas les moyens de se lancer eux-mêmes. L’identité de Def Jam se forme déjà dans cette volonté de permettre l’émulation d’artistes en devenir, et également dans cette entité bicéphale que représente l’association Simmons-Rubin.
Def Jam sera alors à l’orée de nombreux groupes et artistes à l’impact foudroyant dans les années à venir. Ainsi, le label signe comme premier artiste un jeune LL Cool J, auquel suivront les trublions Beastie Boys. Les succès de Radio pour l’un et de Licensed To Ill pour les autres mèneront le label sur les devants de la scène hip hop, leur permettant de signer par la suite les montants Run DMC et Public Enemy, permettant à Def Jam de jouir d’une crédibilité et d’un respect inégalables. Ayant passé un accord fructueux avec Columbia Records, le petit label sera devenu en quelques années l’une des attractions du monde du hip hop.
Cependant, en 1988, une page de la jeune histoire de Def Jam se tournera lorsque Lyor Cohen, alors manager de Run DMC et à la tête de Rush Artist Management qui travaillait en collaboration avec Simmons, sera nommé président de Def Jam, poussant Rick Rubin vers la sortie, qui partira en Californie fonder Def American Recordings, aujourd’hui American Recordings. La politique de Def Jam s’oriente désormais uniquement vers le hip-hop, mais affronte aux débuts des années 90 une crise financière qui manque de ruiner le label. Polygram rachètera alors Def Jam et imposera ses choix pour renflouer les caisses, à la décharge de la vision initiale de Simmons et Rubin.
Désormais plus conventionnel et moins défricheur de nouveaux talents, la politique artistique de Def Jam est désormais plus consensuelle et plus vendeuse. Des artistes comme Warren G ou Foxy Brown permettent donc de mieux rentabiliser l’argent investi. Racheté en 1998 par Universal, Def Jam sera fusionnée avec Island Records, qui deviendra The Island Def Jam Group, bien que chacune des deux entités garde sa propre appellation. Dirigé un temps par le rappeur/businessman et ancien pensionnaire de Def Jam Jay-Z, le label est désormais sous la houlette de L.A. Reid.
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