Laurie O Superman Anderson
Artiste contemporaine née dans l’Illinois en 1947, Laurie Anderson est une musicienne et performeuse qui a commencé par étudier l’histoire de l’art dans les années 60, avant de se mettre au violon et de composer des œuvres d’avant-garde. On la connaît surtout pour son tube du début des années 80
O Superman et sa liaison avec
Lou Reed, son mari depuis le 8 avril 2008. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Si elle commence par se barder de diplômes dans les années 60 et dans tous les collèges les plus prestigieux, du Mills College à Columbia, c’est par ses actions musicales qu’on la repère en 1969, avec une performance inaugurale, symphonie pour klaxons de voitures. Les années 70 la voient à New York commencer à mixer les arts et les matières, sa performance la plus remarquée étant un concert,
Duet on Ice, où elle jouait du violon en contrepoint d’une bande enregistrée, les pieds dans des patins à glace eux-mêmes dans un bloc de glace… le concert ne s’arrêtait que la glace fondue… La trace des premières œuvres se trouve sur un album de 1977
New Music for Electronic and Recorded Media. Participant à l’avant-garde américaine, elle enregistre sur le label de John Giorno, un ancien de la Factory d’
Andy Warhol et intervient à la Nova Convention de 1978 à New York avec quelques inconnus :
Frank Zappa,
John Cage,
Allen Ginsberg,
William Burroughs,
Philip Glass, Timothy Leary.
L’effet kryptonite 1981 voit
John Peel sur BBC 1, diffuser aussi bien Clash que
Laurie Anderson et l’artiste d’avant-garde new-yorkaise grimpe à la seconde place des charts pop avec un tube de 6’ intitulé
O Superman qui n’est pas sans rappeler les Beach Boys de
Good Vibrations avec ses multiples couches de sons. Mais à l’instar de célébrer l’été de l’amour, comme dans la version californienne, ici on œuvre pour un obscur musicien français (pas dans l’esprit pop !) le successeur de Gounod et le précurseur de Debussy, Jules Massenet, compositeur de
Thais et répétiteur de piano pour Franz Litsz à l’Opéra de Paris… Tombant, sans le savoir en plein milieu de la vague électro-pop (
Talk talk,
Tears for Fears,
Duran Duran, elle emporte le morceau avec son bégaiement métronomique simulé (Ha-ah, ha-ah) et sa petite mélodie synthétique. Signant derechef un contrat pour 7 albums avec Warner US, elle va délivrer au fil des ans, et après
Big Science, l’album qui contient son tube, aussi bien
Mister Heartbreak (1984),
United States Live (box set) (1984) que
Home of the Brave (1986),
Strange Angels (1989),
Bright Red (1994),
The Ugly One with the Jewels (1995) et enfin
Talk Normal : The Laurie Anderson Anthology (2000). Elle aura le loisir d’être aussi la seule artiste en résidence à la NASA pour monter des installations et performances, sur l’idée de la fin de la conquête de la Lune !
Hello ? This is your Mother. Are you there ? Are you coming home ? Hello ? Is anybody home ? (O Superman 1981)
Mais, les performances l’amènent rapidement des concerts au cinéma, dont son
Home of the Brave est un des films musicaux les plus intéressants de la décennie avec le
Stop Making Sense de
Jonathan Demme autour des
Talking Heads. Les années 90 la voit s’atteler à d’autres taches, elle rédige un article sur l’art à New-York pour l’
Encyclopedia Britannica, travaille avec
Brian Eno sur des Cd-Roms (ancêtres des vidéos interactives et autres DVD … ), les
Puppet Motel et
Bright Red, avant de passer dans son travail artistique aux relations homme –machine à l’occasion d’un travail sur
Moby Dick. Elle resigne avec Nonesuch et produit
Life on a String et
Live at Town Hall (NY) où elle s’autorise sur le dernier, une relecture réécriture de ses œuvres précédentes sur un double album qui présente aussi des nouveautés.
Statue of liberty Stands in the harbor Holding her torch Hello goodbye To all the men and women Who pass through her port Into the open ocean (
Statue of Liberty 2001)
La dernière décennie la voit composer des thèmes pour les JO d’Athènes, l’Expo 2005 de Tokyo, ainsi qu’une commande de l’opéra Garnier de Paris avec
Trisha Brown, intitulée
O Zlozony/O Composite. Sa dernière marquante est une installation-performance dans une galerie new-yorkaise en 2005,
The Waters Reglitterized où elle proposait un travail sur le rêve et son interprétation au réveil, pour une recréation avec dessins, peintures, vidéos et dvd’s.
Après avoir partagé la vie et l’œuvre de Lou Reed, comme il est aussi intervenu dans les siennes ; il se sont dernièrement mariés après dix ans de vie commune. La vie avec violon, ratée avec le
John Cale du Velvet Underground, trouve enfin sa finalité avec celui de Laurie Anderson…
Life on a String, du titre d’une de ses œuvres duquel l’irascible Lou est partie prenante …