Leo Ferré



Leo Ferré Nationalité : française
Naissance : 24 August 1916 à Monaco
Mort le : 14 July 1993

Métiers : Chanteur, Auteur-compositeur, écrivain, Pianiste, Chef d'orchestre
Label : Barclay
Genre musical : Scène française
Écoutez Leo Ferré sur : Radio Chanson française
Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir! (1973)
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Si l'expression "chanteur engagé" a un sens, Léo Ferré est de ceux qui lui donnent sa résonnance la plus complète. Poète et théoricien de l'Anarchie, il a, en tant que musicien et interprète, traduit exactement ce que pouvaient être ses idées. Il est, de ce fait, auteur d'une oeuvre totale, parfois difficile, qui présente encore aujourd'hui suffisamment d'atouts pour briser les formats, les carcans et les mauvaises d'habitudes. Du music-hall de ses débuts aux monologues orchestraux des dernières décennies, en passant par ses adaptations des poètes (aussi belles que celles de Brassens), sa discographie est un continent qui ne se décrit pas en quelques lignes, et ne s'explore pas en quelques jours.

Né dans une famille bourgeoise d’origine italienne, à Monaco, Ferré vit une enfance dorée. Très vite, il se sent pourtant en opposition avec les valeurs catholiques que ses parents essaient de lui inculquer. Envoyé à neuf ans en pension chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, en Italie, il en sort traumatisé lorsque, huit ans plus tard, il obtient son bac à Rome. Sans doute faut-il voir là le début de son engagement, de la lutte contre les dieux et le pouvoir qu’il mènera jusqu’à fin de sa carrière. Après son diplôme de Sciences Politiques, qu'il obtient en 1939, son père lui refuse d’entrer au Conservatoire. Et la guerre fait de lui un officier, expérience dont il ressort dégoûté par l'armée. Durant l'Occupation, il enchaîne les emplois divers, à la radio, dans l'administration.

Encouragé par ses rencontres, avec Edith Piaf notamment, il ose braver l’interdit paternel dans la deuxième moitié des années 40. Installé à Paris, il se produit dans les cabarets de la Rive Gauche, notamment au Bœuf Sur Le Toit,. Commencent alors les années de Bohème et de demi-misère qui le conduisent à se séparer de sa première femme, Odette, en 1950. Il en tire une chanson, « La Vie d’Artiste », qui ne quittera jamais son répertoire. D’autres artistes de music-hall deviennent ses amis : Juliette Gréco, Jean-Roger Caussimon (qui lui écrira de nombreux textes durant toute sa carrière), Catherine Sauvage... Parallèlement, il fréquente activement les milieux libertaires et poétiques parisiens, devenant même un temps membre du cercle des Surréalistes. Il rompt à la suite d’un désaccord avec André Breton sur la question de l’écriture automatique. L'écrivain continuera cependant de lui témoigner son respect, le considérant comme un des poètes authentiques du 20ème siècle.

C’est au début des années 50 que Ferré obtient ses premiers succès sur le label Odéon : « Paris Canaille », hymne à une capitale rebelle, « Monsieur William », (écrite avec Causimon), récit tragi-comique du meurtre d’un petit employé, le déjà nostalgique « Temps du Tango »… Il gagne bien sa vie, et peut s’offrir une petite île en Bretagne, dont l’isolement mélancolique lui inspirera, des années plus tard, le texte de « La Mémoire et la Mer ». Déjà, il chante les poètes (Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Rutebeuf) et s’essaye à la composition orchestrale. Il crée ainsi en 1957 « La Chanson du Mal Aimé », d’après Apollinaire, un oratorio qu’il continuera de jouer au cours des décennies suivantes.

Quand les années 60 débutent, il est au sommet de sa popularité et signe chez Barclay. La chanson légère « Jolie Môme » est un véritable tube, tandis que son album mettant Louis Aragon en musique s’impose comme une grande réussite artistique, avec « L’Affiche Rouge » ou « Est-ce Ainsi Que Les Hommes Vivent ? ». Toujours enragé, il se montre de plus en plus provocateur avec des titres comme « Les Temps Sont Difficiles », « Merde à Vauban » (qui utilise pour la première fois ce mot dans la chanson française) ou « Thank You Satan ». Certaines de ses chansons sont censurées, parfois par sa propre maison de disques (« Monsieur Barclay »), parfois par l’Etat, comme « Mon Général », qui s'en prend à l'une de ses bêtes noires : De Gaulle.

Malgré la présence prémonitoire, sur ses albums, de « T’es Rock, coco » (1963) ou « Salut Beatnick » (1967), le chanteur se voit cependant englouti par la vague yéyé, ne parvenant plus à se faire entendre de la jeunesse. Il vit reclus sur son ile avec sa femme, Madeleine et l'entente du couple se dégrade. Excédée par la tendresse que le chanteur porte à leur chimpanzé, Pépée, elle le quitte en avril 1968, après avoir tué le singe. Le chanteur vit l’événement comme une « tragédie » (selon ses propres termes), ce qui l’empêche de participer à l’insurrection du mois de Mai. L’année suivante, il revient néanmoins, plus remonté que jamais, avec un recueil qui le rend immédiatement populaire auprès des nouveaux contestataires : « Les Anarchistes » s’impose comme un véritable hymne, « Comme Une Fille » est un pavé jeté à la face de la Police tandis que l’érotique « C’est Extra » rend hommage aux Moody Blues, groupe de pop alors à son zénith. Avec le pianiste aveugle Paul Castanier, il enregistre un célèbre tour de chant à Bobino où on l’entend interpréter une version puissante de « Ni Dieu, Ni Maître ».

1970 voit la rencontre avec le groupe Zoo, épisode injustement oublié dans l'histoire du rock français. Ces musiciens apportent une violence électrique inattendue à deux titres d’« Amour Anarchie » : « Le Chien », long manifeste libertaire parlé, crié ou murmuré et « La The Nana ». Avec « La Solitude » (1971), c'est tout un album qui s'électrifie, tandis que le chanteur précise son phrasé : incisif, versifié, ouvert aux incartades, le parlé-Ferré qui restera sa marque de fabrique. Il continue aussi de publier des chansons de forme plus traditionnelle, « La Mémoire et la Mer » et le vindicatif « Poètes, Vos Papiers », règlement de comptes cinglant avec les milieux littéraires. Alors que l’accompagnement de ses chansons était jusqu’ici confié à des arrangeurs, il crée également les orchestrations de « La Solitude », « Ton Style » et « Tu Ne Dis Jamais Rien ». Lui qui s'est toujours rêvé chef d'orchestre brise ainsi l'opposition entre le chansonnier et le musicien.

Poursuivant cette évolution, il abandonne le rock, mais brise avec « Il n’y a plus rien » (1973) de nouvelles barrières. Ce disque monstrueux et polymorphe tient autant de la poésie et de la chanson que de la musique contemporaine. Il contient « Richard », hommage aux translucides amitiés nocturnes, et une longue diatribe éponyme, au cours de laquelle Ferré se fait prophète, livrant une crise mémorable de folie littéraire, déchaînée contre la société entière. Après un dernier album chez Barclay, « L’Espoir » (1974), il choisit de se retirer en Toscane avec sa nouvelle compagne, où il publiera jusqu’à la fin de sa vie des disques orchestraux sur des labels indépendants. Son verbe s’y montre de plus en plus exigeant. S’il rompt avec le grand public, il conserve néanmoins un large cercle d’admirateurs, pour qui il donne jusqu’à la fin de ces jours des spectacles en cabaret, enchaînant parfois, malgré son âge, des tournées de cent dates. De toute cette époque, très riche elle aussi, si l’on doit recommander un seul disque, c’est « La Violence et l’Ennui ». Sorti en 1980, il contient une relecture mémorable de François Villon (« Frères Humains ») ainsi que de superbes monologues mélancoliques et illuminés (« Words… Words… Words…).

Léo Ferré meurt en 1993, à la date ironique du 14 juillet, des suites d’un cancer. Son fils, Mathieu, a publié en 2000 « Métamec », recueil d’enregistrements inédits. On peut recommander la lecture de « Benoît Misère », sorte d’autofiction publiée en 1970 et de « Testament Phonographique », recueil de textes sélectionnés par ses soins, et paru en 2000.
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Les titres de Leo Ferré

Le Temps Du Tango (2005)

L'été S'en Fout (2005)

Tahiti (2005)

Les Indifférentes (2005)

L'amour (2005)

Java Partout (2005)

Mon Sebasto (2005)

La Zizique (2005)

La Fortune (2005)

Les Copains D'la Neuille (2005)

L'étang Chimérique (2005)

En Amour (2005)

Dieu Est Nègre (2005)

T'en As (2005)

L'âme Du Rouquin (2005)

Pauvre Rutebeuf (2005)

Mon Camarade (2005)

Paris Canaille (2005)

Le Pont Mirabeau (2005)

Notre Amour (2005)

La Chanson Triste (2005)

La Grande Vie (2005)

Monsieur William (2005)

... Et Des Clous (2005)

Vitrines (2005)


Toute la discographie de Leo Ferré

Leo Ferré : dossiers et critiques

Le corps à l’ouvrage

Personnalités associées à Leo Ferré

Personnalités Similaires Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, Charles Aznavour, Jean Ferrat, Gérard Manset, Boris Vian, François Villon
Inspirations Charles Trenet, Edith Piaf, The Moody Blues, Aristide Bruant, Fréhel, William Baldé, Grégoire
Collaborations Dalida, Juliette Gréco, Louis Aragon

Les sites consacrés à Leo Ferré

Le Site Officiel > Biographie, Discographie, Etude thématique, Forum...
Léo > Excellent site amateur, avec photos, anecdotes, paroles de chansons

Leo Ferré : vos commentaires

Dad (invité)   01 Novembre 2008 à 16:38   

La plus belle chanson française de tous les temps. La plus belle démo fut losqu'un couple de patineurs de fantaisie à une compétition internationale l'on utilisée comme accompagnement (ils ont gagné, je crois).

gerard (invité)   08 Janvier 2008 à 22:19   

j'ai toujours voulu connaitre l'adresse de son coiffeur pour l'éviter soigneusement. on aura compris que je ne dois pas être le même gérard que celui qui me précède.

gerard (invité)   23 Juillet 2007 à 02:15   

le plus grand

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