Leonard Cohen voit le jour le 21 septembre 1934 dans un quartier bourgeois et anglophone de Montréal d’une famille juive d’origine russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie mais aussi par la musique. A 17 ans il forme les Buckskin Boys, un trio spécialisé dans le country music. Mais c’est la littérature qui le révèlera. Il se lance dans l’écriture une fois ses études achevées et publie plusieurs ouvrages dont Let us compare Mythologies en 1956 et The spice box of Earth. Leonard est tellement inspiré par la mythologie qu’il s’exile sur l’île d’Hydra en Grèce pendant sept ans. Il en ramène deux romans The favourite game (1963) et Beautiful losers trois ans plus tard.
En 1967, il retraverse l’Atlantique pour s’établir aux Etats-Unis, à Nashville. Là il se replonge dans la musique et notamment dans la folk quand il découvre
Joan Baez,
Bob Dylan ou
Tim Buckley. Leonard Cohen émigre à New York et a la chance de rencontrer en personne l’artiste Judy Collins, à qui il offre la magnifique chanson Suzanne. Judy Collins, convaincue de son talent pour la musique introduit Leonard dans le milieu pendant que le morceau
"Suzanne" lui permet de se faire un nom sur la scène New Yorkaise. Rapidement un producteur se manifeste, il s’agit de John Hammon. Ce dernier lui permet d’enregistrer son premier album sur CBS
The Songs of Leonard Cohen qui paraît en 1968. Les Américains qui connaissent déjà Leonard Cohen en tant qu’écrivain ne font que constater qu’il est également très doué pour la musique tandis que les européens eux, le découvrent.
The Songs of Leonard Cohen est une vraie réussite et accumule les morceaux brillants tels
"Suzanne" qu’il reprend à son compte,
"So Long Marianne" ou
"Sisters Of Mercy".
Le succès du premier opus lance de fort belle manière la carrière de chanteur de Leonard qui enchaîne les disques en même que temps que grandit son aura, il sort successivement
Songs From A Room en 1969,
Songs Of Love en 1971 et
Live Songs, enregistré lors d’un concert à Paris. Après deux albums dont un contenant l’hommage à
Janis Joplin récemment disparue
"Chelsea Hotel" (1974), celui qui est désormais l’un des piliers de la folk connaît un passage à vide. Après plusieurs années de silence, son album
Death Of a Ladies’Man (1977) pourtant réalisé avec le mythique
Phil Spector est une déception. Sans doute échaudé par ce semi échec, Leonard Cohen se met à sortir des disques de façon plus sporadique, après
I'm your man et son tube du même nom en 1988, il ne revient sur le devant de la scène qu’en 1992 avec
The Future. Tant d’années entre chaque album, c’est long mais le public est à chaque fois récompensé de sa patience, tant le génie de Cohen est grand pour faire du beau avec du triste. En 1994, Leonard Cohen décide de s’isoler pour se plonger dans la méditation bouddhiste. Après plusieurs albums où de grands artistes comme
Elton John et
Joe Cocker lui rendent hommage de son vivant, le roi Montréalais de la folk s’extirpe enfin de sa méditation pour sortir
Ten New Songs en 2001 et
Dear Heather (2004) où sa voix grave et chaleureuse nous ensorcelle encore.
Courant 2008, l'immense Leonard Cohen retrouve le chemin de la scène pour une série de concerts à travers le monde. Cette tournée, bien qu'affichant des dates à des pris très élévés, est largement couverte et relayée par la presse, qui fait de cet événement le grand retour du compositeur alors âgé de 73 ans.