LFO (pour low-frequency oscillation) est le projet original des britanniques Mark Bell et Gez Varley, deux amis d'enfance. Formé en 1990, ce duo pionnier de ce que les médias appelleront vite la "bleep techno" : une première forme d'Intelligent Dance Music et future electronica, caractérisé par l'émission d'un signal rudimentaire et aigu sur fond d'altération de basse. Ce mouvement sera à l'origine d'une mini révolution dans le son de la techno d'alors. Le premier morceau du genre, l'éponyme "LFO" fut en effet l'un des rares titres techno à infiltrer le Top 20 anglais, et ce pendant plusieurs semaines.
LFO reste dans les mémoires comme le duo pionnier qui marqua la transition entre techno pure et dure et electronica. La fin des années 80 et le début des 90's. Il faut se souvenir que Bell et Varley débarquent en pleine hystérie acid house et happy hardcore, au moment où les clubs de Manchester et de Chicago vibraient sous les coups de boutoir rythmique de milliers de danseurs extatiques, habillés de tee-shirt smiley. Au beau milieu de cette
phase de transition, moment privilégié où garage, euro-house et big beat règnent sur les dancefloors du monde entier, surgit "LFO", un morceau robotique au rythme binaire, accompagné d'une nappe planante et tourbillonnante au sein de laquelle s'échappe un monologue vocoderisé déclarant le tout jeune duo, roi de la piste. Suivra
Frequencies, un premier album chez Warp en 1990, qui lui aussi sera précurseur puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du premier album techno, un genre jusque l'à uniquement édité sous forme de maxi. Mélange de techno, d'electro et de bleep,
Frequencies doit autant à Detroit qu'à
Kraftwerk, Moroder ou
Donna Summer. L'album monte au somment des charts.
Il faudra attendre cinq ans pour voir sortir
Advance, le second album du duo, précédé par un EP furieux,
Tied Up, qui donnera lieu au tournage du fameux clip ou Mark Bell ligoté et muselé tente de s'extraire de ses liens. Sur
Advance, le groupe entre complètement dans la démarche electronica du label Warp. Les mélodies prédominent, les plages ambiantes succèdent aux plages expérimentales, le groove se délite. Pour certains c'est un bonheur d'album apaisé, pour d'autre une déception. Lassé, le duo se sépare momentanément pour produire et collaborer. On les voit, ensemble ou séparément, aux côtés de
Björk sur l'album
Homogenic (partiellement produit par Mark Bell),
Nightmares On Wax, Andrew Weatherall de
Two Lone Swordsmen et même
Depeche Mode pour lequel Mark produit
Exciter. Nul doute que le son du duo a laissé des traces et de nombreux fans souhaiteraient une reformation.
En 2003 c'est chose faite avec Seath, un album de LFO mais avec uniquement Mark Bell aux commandes. L'album n'est pas mauvais, certains morceaux sont même fabuleux (on pense en particulier à "Freak" et son clip flippant signé Chris Cunningham) mais l'époque n'est plus au bleep et il faut bien avouer que LFO n'a pas changé d'un iota. Le fait qu'un visionnaire comme Bell accouche d'un X-ième Frequencies, déçoit majoritairement le public et provoque l'indifférence de la presse.