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Petite, Lykke Li se rêvait en Madonna, sans doute fascinée par la capacité de l'Américaine à couler sa pop mastoc dans les dernières tendances soniques. Lykke Li retient la leçon de la Ciconne sur son premier album Youth Novels, à l'échelle indépendante : épaulée par un producteur efficace et un pygmalion/songwriter de génie, la jeune Suédoise part sereinement à la conquête des cœurs avec ses irrésistibles comptines electro-pop. Comme si Kylie Minogue, subitement inspirée, reprenait les Shangri-Las en chuchotant, mélancolique, les pieds dans la neige et la tête dans les étoiles.
- Retrouvez cet album dans le top albums 2008 de Flu
Après Robyn, Shout Out Louds et Stina Nordenstam, c’est au tour de Lykke Li de faire fondre les glaces de Stockholm avec son electro pop acidulée. Pas cloche, la petite fée suédoise trouble et envoûte avec son premier album Youth Novels, produit par le bassiste/claviériste de ses subtils compatriotes pop Peter Björn and John.
Homme de l’ombre et à tout faire sur ce disque, Björn Yttling (le "Björn" de P B & J), a écrit la moitié des textes, et joue d’à peu près tous les instruments possibles sur l’album, parfois secondé par John Eriksson (le "John" de P B & J). Avec un raffinement certain, Yttling soupoudre les ritournelles de Lykke Li d’un écrin planant, langoureux mais distant. Les fugues pop et ouatées de la jeune chanteuse sont traversées par les trajectoires imprévisibles de saxophones solitaires et autres cuivres somnambules.

La deuxième partie de l'album se fait plus ample, sortant de ses gonds electro-pop pour prendre de l’altitude. La voix de Lykke Li s’élève ainsi du côté des vapeurs de Mazzy Star et des chœurs célestes à la Shangri-Las, ("Hanging High"), comme vers les brouillards oniriques chers à Angelo Badalamenti ("This trumpet is in my head"). Sur l'évanescent "Time Flies", majestueux comme une plume emportée par le vent, on imagine Minnie Ripperton perchée sur un iceberg. Le tout reste très pop, des synthés minimalistes de "Complaint Department" (évoquant le "Slow" de Kylie Minogue) aux nappes gélatineuses de "Breaking it up", hypnotisantes, spatiales.
Lykke Li achève ses ensorcelants "romans de jeunesse" par le ténébreux et francophile "Window blues", enfantine et obsessionnelle marche clodiquante, où un piano délabré fait les cent pas sous une tempête de neige. Avec son ravissant timbre de gamine polie, Lykke Li nous liquéfie.

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