On était très naïfs politiquement mais on a toujours été assez réalistes par rapport au monde qui nous entourait. Et beaucoup de choses ne nous plaisaient pas à l’époque, ce qui nourrissait le propos de nos chansons. ”
Madness est l’une des formations qui à le plus contribué à populariser le ska au grand public dans le début des années 80. En 1976, quatre jeunes du quartier londonien de Camden Town, Mike Barson (organiste), Cathal Smith (chanteur et trompettiste), Lee Thompson (saxophoniste) et Chris Forman (guitariste) forment un groupe qu’ils nomment « The Invaders ». Grand admirateurs du chanteur jamaïcain Prince Buster, l’un des précurseurs du ska, ils décident de rebaptiser le groupe « Madness », du nom d’un des morceaux du patriarche, à l’arrivée de Graham Mc Pherson (chanteur), Daniel Woodgate (batteur) et Mark Bedford (bassiste) en 1979.
Déjà trois ans que le groupe tournait dans les clubs et bars londoniens quand ils se font repérer en assurant la première partie de The Specials, qui est alors le chef de file de la mouvance ska Outre Manche. Madness enregistre dans la foulée son premier 45 tours, « The Prince », encore une fois en hommage à leur principale source d’inspiration. Mais c’est surtout grâce à la face B du disque, une reprise quasi-instrumentale d'un vieux titre rocksteady des années 60, le très festif « One step beyond » que le groupe parvient à sortir du lot. Du coup, le morceau est intégré au premier album éponyme de Madness.
« One step beyond », idéal pour les pogos devient bien vite un incontournable des soirées de la jeunesse contestataire anglaise et européenne. Mais problème, certains mouvements fascistes se l’approprient et en font leur hymne. La rumeur court, on suppose que Madness serait un groupe fasciste. Le groupe met fin à ces boniments en donnant plusieurs interviews et en sortant le titre « Don't quote me on that » (« Ne dites pas ça de moi » en français) qui met les choses au clair. De plus, les membres de Madness montrent que leur bord politique ne se situe clairement pas du côté droit en s’engageant aux côté de Greenpeace, de l’association anti-apartheid « Artists Against Apartheid » et du Parti Travailliste anglais.
Cette mésaventure n’empêche pas le groupe de poursuivre son chemin pavé de succès avec les albums « Absolutely » (1980) et « Seven » (1981) qui sont plusieurs fois disques d’or. Dès 1982, seulement quatre années après que le groupe soit formé, sort le premier best-of, « Complete Madness » qui permet au groupe d’atteindre la première place des charts, au nez et à la barbe des incontournables stars du moment, Queen. C’est la même année que Madness publie l’un de ses meilleurs albums, « The Rise and Fall », d’où est tiré le mythique « Our house ».
Madness enchaîne les tournées en Europe et aux Etats-Unis mais en 1983, sa tête pensante, celui qui est à l’origine de tous ses succès, Mike Parson quitte le groupe. Rien ne sera plus jamais comme avant pour la formation tronquée qui poursuit tout de même son chemin. Mais les disques qui succèderont ne parviendront jamais à égaler ceux des débuts. Madness est déserté par ses fans et commercialement à l’agonie.
A la surprise générale, le groupe se reforme en 1999 après avoir épuisé son quota de rééditions de live et de best of pour un nouvel album, « Wonderfull » qui renoue avec l'esprit délirant et festif des débuts.
En 2004, le groupe qui a décidé de ne se reformer que sporadiquement, revient avec un album ska et reggae qui sort en 2005 sous le nom de « The Dangermen Volume 1 » dont l’un des titres « Shame & scandal in the Family » arrivera en tête des hits parades. Les quinquagénaires du ska sont ils de retour ? A voir…