La première fois que Nick Raphael aka Manasseh s'est manifesté dans la galaxie dub, c'était carrément lors du festival de Notting Hill à Londres ! Le grand rendez-vous annuel de la communauté black où les sound-systems rivalisent de puissance et d'inventivité. Pour un "petit Blanc" inconnu, il fallait oser. Mais surtout il fallait avoir du matos, une équipe, une bonne pratique et des dubplates dignes de ce nom pour ne pas perdre la face. C'était apparemment le cas pour Manasseh : cette première salve couronne deux ans de travail et d'espoir.
Ensuite, il persiste. Et ça fonctionne. Il intègre le circuit, commence à tourner et à croiser des figures comme
Jah Shaka, Coxsone, Jah Tubby's, Fatman… Il s'affirme dans un registre essentiellement roots, si ce n'est "new roots"… Et puis, à la faveur d'une rencontre avec deux autres passionnés de musique jamaïcaine, il anime une émission sur Kiss FM dès 1987. Cette station pirate finira par être légalisée et Nick Raphael continuera sa sélection hertzienne jusqu'en 1999 !
Entre temps, après avoir pressé quelques dubplates pour son sound-system, il passe un autre cap en enregistrant quelques titres puis un album en compagnie de Scruff Guilder sous le nom de Sound Iration. Projet par le biais duquel ils produisent Tena Stelin pour le compte de Wau / Mr Modo Records, la plateforme d'
Alex Paterson (
The Orb) et Youth. Il est également impliqués dans les réalisations de Centry et Danny Red (Riddimwise).
Ensuite, il fonde le label Riz Records avec trois amis. Parmi les références qui assureront sa réputation dans le milieu roots, on mentionnera
Earl 16 et Admiral Tibet. Mais c'est son rapprochement avec The Equaliser (i.e. Jeremy Amstrong) qui lui vaut un surcroît de notoriété. En effet, leur album commun,
Dub The Millenium rencontre suffisamment d'écho pour qu'il soit licencié sur l'éphémère division dub du label Acid Jazz : Acid Jazz Roots où apparaissent aussi
Gregory Isaacs et Dread Flimstone. Un deuxième opus suivra :
Shining.
Il signe également un disque "breakbeat & dub" mais assez downtempo sous le pseudo Spectre (ne pas confondre avec Skiz Fernando de WordSound), en 1995, sur Natural Response. Une vague filiale de BMG UK qui lui permet indirectement d'assurer des interventions sur des artistes mainstream (
Dido)… Mais si son sound-system est maintenant rangé au rayons des souvenirs, cela ne l'empêche pas de se produire, seul, en tant que DJ et de multiplier les remixes dub entre 2 productions underground.