J'ai comme une envie de tourner le gaz,
Comme envie de m'faire sauter les plombs,
Comme envie de t'expliquer comme ça,
Que ton indifférence, elle ne me touche pas. ”
La Mano Negra, formation désormais défunte s’est imposée comme la figure de proue du mouvement rock alternatif français des années 90. A l’origine du groupe,
Manu Chao, parisien d’origine espagnole vivant à Sèvres. Amateur du rock contestataire de Berrurier Noir et des Garçons Bouchers, il fonde le groupe Hot Pants au milieu des années 80.
Quand Hot Pants s’arrête, Manu à déjà en tête le line up de son futur groupe. Au départ, la Mano est une affaire de famille, il recrute son frère Tonio Chao (trompette) et son cousin Santi Caseriego (batterie) auxquels s’ajoutent les « pièces rapportées » Daniel Jamet (guitare), Jo Dahan (basse), Philippe "Garbancito" (percussions) et Thomas Darnal (claviers) piqués à d’autres groupes alternatifs. 1987 : la Mano Negra est née.
Véritable bouillon de cultures, la Mano Negra, mélange avec fureur le rock, la salsa, le raï, à quelques soupçons de reggae et de rap qu’elle agrémente de textes engagés, tantôt chantés en français, en espagnol voire même en arabe. Le son foutraque et métissé de la Mano, auto-baptisé « Patchanka » et défini par son leader et chanteur
Manu Chao comme « de la musette avec des paroles apaches et l'esprit chorizo » fait vite parler de lui et envahit la France à mesure que le groupe la sillonne. En 1988, leur premier album « Patchanka » sort chez Boucherie Productions, le phénomène est déjà bien parti : 50 000 copies sont vendues.
La Mano Negra se produit à la Fête de l’Humanité en septembre 1989 et, malgré son penchant protestataire finit par signer pour la major Virgin au même moment. Certains estiment que le groupe à vendu son âme, mais que nenni. L’album « Puta’s fever » qui parait dans la foulée montre que l’esprit du groupe est resté intact et qu’il est possible de faire du rock à la fois alternatif et commercial. Porté par les tubes « Pas assez de toi » et « King Kong Five », le disque se vend à près d’un million d’exemplaires et grâce à son cosmopolitisme, s’exporte très bien à l’étranger.
Logiquement, le groupe part dans une tournée qui débute par plusieurs salles du XVIIIème arrondissement de Paris puis continue à travers la France, l’Europe, l’Amérique du Sud et même les Etats-Unis où il fait la première partie d’
Iggy Pop. A la suite de ce passage au pays de l’Oncle Sam la Mano, qui n’apprécie pas la façon dont fonctionne le milieu artistique local décide de ne plus faire de concerts dans les pays anglo-saxons.
Enregistré du côté de Cologne en Allemagne, leur troisième opus « King of Bongo » arrive en avril 1991. Toujours aussi métissé, le son de la Mano se fait plus rageux. Bien que le groupe refuse toute promotion, une pratique qui ne correspond pas à ses idées, l’album s’écoule à 200 000 exemplaires en France et 140 000 à l’étranger. Passé le temps du lancement, les membres de la Mano Negra se lancent dans une tournée d’envergure dont ils ont le secret. Après un tour de la banlieue parisienne, sans passer par Paris intra muros, ils écument la France avant de s’envoler pour le Méxique et le Japon puis parcourent l’Amérique du Sud à bord du Cargo 92, bateau transformé en salle de concert.
En 1994, le groupe revient France pour écrire et enregistrer son quatrième et ultime album « Casa Babylon », condensé de nombreux souvenirs de voyages, notamment en Amérique Latine. Un joli cadeau d’adieux d’une Mano Negra lassée, qui se dissout peu après. Jusqu’à présent, seul
Manu Chao a fait parler de lui, en se lançant dans une carrière solo pour le moins réussie.
> Pour tout savoir sur la famille "Manu Chao", avant, pendant et après la Mano.