Je ne sors pas beaucoup de disques, car la musique au mètre ça ne me branche pas. ”
En quinze ans de carrière, Manu le Malin s’est imposé comme une pièce essentielle de la scène techno hardcore internationale. Né à Paris en 1970, c’est en 1991 qu’il consent à suivre des amis dans sa première rave. Là c’est pour lui une révélation, il laisse de côté le rock alternatif, le punk et le ska qui lui paraissent maintenant bien fades pour se consacrer à 100% aux musiques électroniques et au DJing. Une fois acquis tous les fondamentaux du mix, il trouve son nom de scène en s’inspirant du film de Nervé Palud « Les frères Pétard » et se produit dans ses premières free parties, au Bourget ou au Pont de Tolbiac à Paris, aux côtés du sound system Psychiatrik. Ses sets, d’abord à dominante techno-trance s’orientent de plus en plus vers techno plus dure et plus noire à mesure qu’il s’imprègne des productions hardcore des labels PCP ou Industrial Strength. Sa technique hors du commun forge sa réputation qui, d’abord hexagonale dépassera bientôt les frontières du pays. Il se produit en 1995 à Zurich devant plus de 15 000 technoïdes acharnés. Dans la foulée, il fait la rencontre du boss du label Industrial Strength, Lenny Dee qui lui offre de sortir son premier maxi « Memory ». S’ensuivent deux compils mixées « Paris Hardcore » sur le même label et « Hardcore Vol. 2 » chez les tricolores de Fairway et le mix « Biomechanik » qui paraît en 1997, où ses ambiances très sombres et sa technique (il est capable de mixer à 4 platines) impressionnent. Manu ne chôme pas puisque la même année il fonde sa propre structure, 46 Records avec son compère Torgull. 1998 : c’est l’année de la première rave organisée à Bercy. Bien sûr Manu le Malin est sur scène et distille, sans concession ses galettes ultra péchues devant un parterre plus que conquis, rebelotte en septembre Place de la Nation à l’occasion de la techno parade. L’année suivante paraît le deuxième volet de « Biomechanik » chez F Communications, la prestigieuse écurie du mythique
Laurent Garnier. En 2000 il participe avec son ami Torgull à « Hier, Aujourd’hui, Demain » une œuvre rassemblant musique classique et électronique en collaboration avec le très « hype » Orchestre National de Montpellier. Ce n’est qu’en 2002 qu’il gratifie enfin ses fans d’un beau premier album « Fighting Spirit » entièrement composé par lui-même et salué par la critique. Petite parenthèse rock’n’roll avec le groupe Palindrome signé sur son label pour qui il chante et écrit les textes et le voilà reparti dans ses hallucinantes prestations live, au Rex Club où il est résident et en concert, notamment lors du festival Astropolis de Brest où il assure une partie de la programmation. En 2005 sort le troisième volet de sa série « Biomechanik », « The final Chapter », agrémenté d’un DVD.