Dès son plus jeune âge, Mary J. Blige chante à la chorale de son église, dans le quartier mal famé du Bronx à New York. Adolescente, sa vie est loin de ressembler à un compte de fées : échec scolaire, gang, drogue et jobs miteux jalonnent son quotidien. Heureusement, elle est entourée d’une famille qui l’aime et parvient à s’évader grâce à sa seule passion : la musique, notamment celle de
Marvin Gaye,
Otis Redding,
Al Green et
Stevie Wonder.
Rêvant depuis toute petite de devenir chanteuse, Mary enregistre avec les moyens du bord en guise de cassette démo la reprise de « Caught Up In The Rapture » d'Anita Baker. La démo arrive aux oreilles d’Andre Harell Ceo du label Uptown Records qui, bluffé la recrute. La chanteuse débutante fait dans la foulée la rencontre de
Puff Daddy. Celui qui n’est pas encore le poids lourd du rap US que l’on connaît est lui aussi convaincu de son talent et décide de la prendre sous son aile.
En octobre 1992, Mary J. Blige sort son premier album « What’s the 411 ? » avec bien sur à la production,
Puff Daddy. La voix de la chanteuse, envoûtante et digne des plus grands artistes de la musique black plane sur ce disque, qui allie avec une efficacité rare la sensibilité de la soul à la dureté du hip hop. D’entrée de jeu, ce premier opus est un carton, il s’écoule à près de 3 millions d’exemplaires et vaut à Mary J.Blige le titre de « Queen of hip hop soul ».
Deux ans plus tard, déjà célèbre, Mary récidive avec l’album « My life ». L’ensemble où la chanteuse, débordante d’émotions se confie encore d’avantage, est conçu une fois encore en étroite collaboration avec
Puff Daddy. Le succès est de nouveau au rendez-vous, Mary J. Blige part alors dans une tournée mondiale.
1997 : retour en studio, mais plus avec
Puff Daddy. Pour « Share my world » Mary s’est entourée de producteurs plus prestigieux encore en les personnes de Babyface,
R. Kelly ou Rodney Jerkins. Sur ce troisième opus, le son s’est radoucit, plus orienté R’n’B à l’image de la magnifique reprise de
Marvin Gaye « Everything » qui en ferait presque oublier l’original et des duos avec
Nas (« Love is all we need ») et
R. Kelly (« It’s on »).
En 1999, Mary J. Blige réalise son rêve : un duo avec son idole
Aretha Franklin, mis en boite pour l’album « Mary ».
Les quatre premiers opus de Mary J. Blige sont, comme leurs titre l’indique presque toujours, très introspectifs et emplis d’une certaine mélancolie. Celui qui suit, baptisé « No more drama » (2001) marque un tournant dans la musique de l’artiste, désormais beaucoup moins profonde et surtout motivée par la constante recherche de l’efficacité, en témoigne le titre très « FM » « Family Affair ». Appuyée par
Dr Dre, Mary J. Blige, devenue beaucoup plus « mainstream » rencontre un succès encore plus important, confirmé par les albums suivants, « Love & Life » (2003) où Puff Daddy est de retour aux manettes et « The Breakthrough » (2005).
Preuve qu’elle est une star reconnue de la musique noire américaine actuelle, Mary J. Blige a été choisie pour camper le personnage de la légendaire
Nina Simone dans un film retraçant sa carrière.