Né d’un père d’origine suisse et d’une mère basque, Maurice Ravel commence des études de piano, encouragé par ses parents. À 14 ans, il entre au conservatoire de Paris où il est l’élève de Charles de Bériot pour le piano, mais également d'André Gédalge et Gabriel Fauré pour le contrepoint et la composition. Il tentera plusieurs fois le grand prix de Rome, mais n’obtiendra que le second prix. S’il n’est pas un pianiste virtuose, il est par contre un extraordinaire compositeur, très tôt remarqué par ses contemporains et amis parmi lesquels on trouve
Erik Satie, Désire-Emile Inghelbrecht, Igor Stravinski ou Serge de Diaghilev. Ravel deviendra avec
Claude Debussy une figure emblématique de la musique française du début du XXe siècle. Son sens de la mélodie épurée est remarquable. De Fauré, il conservera un sens du raffinement et de la délicatesse, offrant une écriture extrêment claire.
Le fait le plus notable dans la musique de Ravel est son extraordinaire unité : il ne livrera pas d’œuvres balbutiantes à ses débuts et l’on recense déjà, alors qu’il a peine 25 ans : Schéhérazade (1898), Pavane Pour Une Infante Défunte (1899) ou encore Jeux d’Eau (1901) œuvre pour piano d’une grande virtuosité. Ravel possède ainsi déjà son propre style d’une étonnante maturité. Il acquiert assez rapidement une renommée internationale et compose énormément pour le piano : Miroirs (1905), Sonatine (1905), le quatre mains de Ma Mère l’Oye (1908) ou encore Gaspard de la Nuit (1908) mais également des œuvres lyriques dont la première est L’heure Espagnole en 1907.
En 1916, Ravel est engagé volontaire pour combattre au front, mais sa faible complexion le fait réformer l’année suivante. Il s’installe dès 1920 à Montfort l’Amaury. Il poursuit une carrière de chef d’orchestre, dirigeant ses propres œuvres à travers le monde lors de tournées en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis entre 1922 et 1928 ainsi qu’en Europe en 1932. Ses liens avec l’Espagne viennent peut-être de sa mère et seront souvent le moteur de certaines de ses compositions, en particulier pour orchestre, comme la Rhapsodie Espagnole (1907) ou le Boléro (1928) dont le succès tient peut-être autant à la répétition du même motif mélodique qu’aux innombrables variations dont il est l’objet dans l’orchestration, ce qui en fait une des œuvres pour orchestre les plus originales du début du XXe siècle. Ravel entreprend en 1935 avec son ami Léon Leyritz un dernier voyage en Espagne et au Maroc, sa santé s’étant franchement dégradée deux ans auparavant. Il mourra des suites d’une ultime opération en 1937.
D’une fabuleuse rigueur, les œuvres de Ravel sont un modèle de structuration : l’architecture musicale y est minutieuse et réfléchie, le goût du compositeur pour les agencements complexes de notes lui ayant permis de fournir parmi les plus belles pages de la musique française du XXe siècle.