Metallica est un groupe de… métal emmené par le chanteur James Hetfield et le batteur Lars Ulrich. En bientôt 30 ans d’existence, la formation des « Four Horsemen » aura été un groupe majeur dont l’aura dépasse le struct cadre du métal : c’est le groupe de rock qui vend le plus d’albums dans les années 90. Leur popularité leur vaut d’apparaître dans les dessins animés cultes South Park et The Simpsons, bien que l’idéologie du groupe prête parfois à confusion : ceux qui forgèrent leur succès sur la base de l’échange de cassettes dans les années 80 se montrèrent de farouches opposants au Peer-To-Peer en 2000, poursuivant Napster et leurs fans pour téléchargement illégal.
1981-1986 : Dur dur de forger Metallica
Grands fans du métal anglais tel que
Motörhead et fatigués du spectacle mignon du heavy metal (
Van Halen & co), les deux membres « fixes » du groupe, Ulrich (batterie) et Hetfield (chant, guitare rythmique) jouent ensemble depuis 1981. Pour eux, trouver un bassiste et un guitariste ne fut pas une sinécure. Et si Ulrich ne s’était pas mis sérieusement à la batterie (et n’avait pas eu les relations nécessaire pour enregistrer leur première démo sur la compilation Metal Massacre…), il n’aurait sans doute jamais pu participer au groupe, lui qui avait été écarté lors de sa première audition (!).
La première démo, enregistrée pour le pressage de la compilation désormais culte Metal Massacre, voit Lloyd Grant à la guitare et Hetfield à la basse. Le trio trouve en la personne de Ron McGovney un bassiste – ce qui permettra à Hetfield de se concentrer sur le chant – mais celui-ci raccrochera, car il supporte mal l’ambiance de beuverie générale au sein du groupe, et il se sent déprécié à raison. En secret, les autres espèrent le remplacer par Cliff Burton, un jeune bassiste fulugurant qui prend des solos et s’habille en néo hippie – complètement ringard à l’époque.
Côté guitare, Dave Mustaine est embauché entre 1981 et 1982, mais son caractère égoïste – il refuse de laisser aux guitaristes qui les accompagnent en tournée le moindre solo – et son addiction sévère à la drogue le condamne à la porte de sortie sans avoir son mot à dire. Il formera plus tard
Megadeth, un autre nom important du trash metal. Pour remplacer Mustaine et assurer les solos ultra-rapide qui font le son de Metallica et du genre en général, le groupe recrute Kirk Hammett. Cette line-up sera à l’origine des premiers albums du groupe,
Kill’ Em All (1983),
Ride The Lightning (1985) et surtout
Master Of Puppets (1986) qui les sortira définitivement de l’ombre, malgré la réticence des radios à passer leurs titres.
1986-2000 : de la mort de Cliff Burton au succès planétaire
Lors d’une tournée en Suède, le bus du groupe dérape sur une plaque de verglas et entraîne la mort du bassiste Cliff Burton. Le groupe hésite à raccrocher, mais finalement continue en mémoire du défunt. Ils recrutent Jason Newsted, alors membre des Flotsam & Jetsam, et fileront sous cette nouvelle configuration sur la voie du succès.
Un album hommage plus tard (
Garage Days Re-Revisited, 1987), Metallica sort son quatrième album qui parvient dans le top 10 américain :
…And Justice For All (1988). Le titre fait résonner les propos politisés du groupe, alors en plein âge rebelle.
Trois ans plus tard, un album éponyme, mais généralement désigné comme
The Black Album, se taille un énorme succès, grâce notamment aux singles
« Enter Sandman »,
« The Unforgiven », et la ballade
« No One Else Matter », qui dévoile un côté plus calme du métal et ouvre d’intéressantes perspectives musicales. Concentré sur des problèmes plus personnels,
The Black Album finit à la première place des ventes américaines en 1991
Il sonne aussi la fin de la période trash de Metallica, qui va proposer un son différent sur les jumeaux
Load (1995) et
Reload (1997) (à la base, ils devaient sortir en double album). Certains fans ne s’en remettront pas, d’autant que leur groupe préféré s’est coupé les cheveux et ont opté pour une pochette arty montrant un mélange de sang et de sperme. Le mélange des genres continue, le groupe se produit au festival « indé » Lolapalooza et sort deux albums moins risqués.
Garage Inc (1998) est une nouvelle compilation de reprises, quant au symphonique
S&M (1999), arrangé par Michael Kamen (la bande originale de
Brazil, c’est lui) ce sera le disque que les fans de métal pourront faire écouter à leur copine.
2000-aujourd’hui : Metallica se cherche, et cherche les autres.
Alors que les modes de consommation de la musique évoluent, les multimillionnaires de Metallica décident de poursuivre en justice Napster et les internautes ayant recouru au téléchargement illégal. L’image de marque du groupe se trouve écornée : les fans d’antan brûlent les reliques de leurs icônes et se mettent à écouter autre chose. Il faut dire qu’avec le départ du bassiste Newsted, le groupe se trouve aussi au pied du mur stylistique. Et si les stades ne désemplissent pas, l’album
St Anger (1993) reçoit un accueil mitigé auprès de nombreux fans déçus ; bien qu’il arrive en tête des charts, il ne contient pas de single mémorable.
Le trio tente de retrouver un second souffle en compagnie du bassiste de
Suicidal Tendencies, Robert Trujillo. Le nouvel album sort le 12 septembre 2008, enregistré par
Rick Rubin.
A écouter :En streaming sur Last FM, en téléchargeant la discographie complète de Metallica, y compris leurs premières démos au son dégueulasse.
A ne pas écouter :Après avoir jeter
Reload au feu et avoir tenté de le récupérer pour vérifier qu’il n’y a aucun solo sur cet album.