Les Mighty Diamonds sont l'archétype des trios de chanteurs qui dominaient le reggae-roots à sa grande époque, dans les seventies. Ce sont les témoins d'un âge d'or révolu. Des survivants. Ils tournent depuis 1969 ! Et contrairement à la majorité de leurs collègues, Donald “Tabby” Shaw, Fitzroy ”Bunny” Simpson et Lloyd “ Judge” Ferguson sont restés soudés depuis le début. Ils pratiquent donc du reggae-roots très mellow (et le mot est faible) qui rencontre un écho considérable en 1976 avec la sortie de leur premier album,
Right Time. Un classique du genre produit par les frères Hoo Kim pour Channel One avec la clique habituelle (
Sly And Robbie, Ansel Collins, Sticky, etc.). Un tel succès aiguise l'appétit de Virgin Records qui entreprend de cornaquer en exclusivité la production de leur album suivant.
La cible : le marché américain. Le producteur : Allen Toussaint. Son modèle partagé avec le trio : la Motown. Le résultat :
Ice On Fire en 1977. Une horreur acoustique, un brouet de R&B à peine saupoudré de reggae. Un four. Les Mighty Diamonds ont la lucidité de ne pas persister. Passé
Planet Earth /
Planet Mars Dub, un dyptique reggae-dub, ils retournent à leurs racines. A Channel One où ils conçoivent
Stand Up To Your Judgment,
Tell Me What Is Wrong puis en 79
Deeper Roots + Dub que les amateurs écoutent encore avec ferveur. Il faut aussi mentionner leur collaboration avec
Trinity. Les Mighty Diamonds travailleront ensuite avec Gussie Clarke, autre producteur-ingénieur incontournable. Avec lui, notre trio "rencontre"
Leroy Smart à l'occasion d'un Disco Showcase et enregistre, entre autres, l'album
Changes en 1981 qui s'ouvre sur
"Pass the koutchie" (en céfran, passes le oinj…). Politiquement correct oblige, le titre sera modifié en
"Pass the dutchie" lorsque ce morceau assez fun sera repris par Musical Youth. Cette "chorale juvénile" en faisant un tube monstrueux… Ils sortiront beaucoup d'autres albums après cela, lives et studio, dont certains avec le soutien de Tappa Zuckie,
Junior Reid, etc. Ils sont toujours là. Et si la magie s'est un peu estompée sur les disques, elle est en revanche très forte sur scène où ils se produisent régulièrement. Les diamants sont éternels (facile…).