A 16 ans, Jonathan Richman, est un adolescent bostonien à la candeur désarmante, qui s’affirme comme le premier fan mondial du
Velvet Underground – titre que nous ne lui contesteront pas.
Au début des seventies, avec John Felice - futur Real Kids -, il monte les Modern Lovers. Le groupe est complété par Ernie Brooks, David Robinson et Jerry Harrison – on retrouvera ces deux derniers, respectivement, dans les
Cars et les
Talking Heads.
Leur premier album, qui sort en 1976, est publié quatre ans après son enregistrement. Quatre ans, c’est peut-être l’avance de Jonathan sur ses contemporains, au moment où il enregistre ce qui n’est encore qu’une demo, avec
John Cale derrière la console. Le son des Modern Lovers est très influencé par le Velvet.
Ce premier album devient instantanément un classique. Le morceau
Roadrunner est repris par les
Sex Pistols et Joan Jett, et
Pablo Picasso l’est à la fois par
David Bowie et
John Cale.
L’album suivant – au titre prometteur -,
Rock'n'roll With The Modern Lovers, marque le début du Jonathan Richman deuxième formule. Les textes parlent d’insectes et d’abominable homme des neiges en visite au super marché, le tout sur fond de doo wop (une des influences de Jonathan Richman) et de guitares à la «
Chuck Berry ».
Ce deuxième album, bien évidemment, déçoit ceux qui ont aimé le premier. C’est que, si les deux disques sortent à un an d’intervalle, en réalité, il s’est écoulé quatre années entre leur enregistrement et la formation n’est plus la même, amputée de ses membres d’origine. Richman réussit pourtant une entrée remarquée dans le Top 30 britannique avec le single
Egyptian Reggae.
En 1979, il s’installe en Californie et met de côté son activité discographique pendant quatre ans, se contentant d’aller jouer dans les rares bastions où il compte des fans (notamment à Paris).
Il revient en 1983, avec l’album
Jonathan Sings !
Même si le groupe ne compte plus aucun membre d’origine, jusqu’en 1988, Jonathan utilisera le nom Modern Lovers, avant de se résoudre à assumer son statut d’artiste solo.
Il faudra attendre 1998 pour que le succès vienne jusqu’à lui – aucun espoir n’est jamais perdu en musique -, grâce à sa participation à la bande-son de
Mary à tout prix.