Je sais que je ne suis pas attachant, vous n'avez pas besoin de me le dire. ”
Stephen Patrick Morrissey grandit à Manchester dans les années 60. Adolescent renfermé, il a pour seule passion la musique et la cultive en écrivant pour un fanzine consacré aux
New York Dolls et le magazine Melody Maker.
A l’orée des années 70 il se met à pratiquer la musique au sein du groupe Nosebleeds après s’être fait recaler à une audition pour Slaughter & the Dogs. En 1982, il fait la connaissance de Johnny Marr, guitariste avec qui il fonde
The Smiths qui devient l’un des groupes de rock majeurs des années 80 et connaît le succès dans le monde entier, notamment aux Etats-Unis où Morrissey est complètement idolâtré. D'ailleurs, la relation qu'il entretient avec ses fans (ou plutôt que ses fans entretiennent avec lui) est assez particulière. On les reconnaît souvent à leur ressemblance dans le style et la coiffure par rapport à leur star, poussant parfois le mimétisme très loin. Une fascination quasi christique que Morrissey aime à entretenir.
Son charisme derrière un micro fait fureur… et des jaloux, au premier rang desquels Johnny Marr qui ne supporte pas d’être dans l’ombre de son comparse. Avec six albums à leur actif qui sont autant de succès, les Smiths se séparent en 1987 quand Marr décide de claquer la porte, des suites de la sortie de leur dernier opus
Strangeways, here we comes. Se sentant trahi par ce départ Morrissey, plutôt que de ruminer sa rancœur, se lance dans une carrière solo. Il prépare le terrain en sortant deux singles,
"Suedehead" et
"Everyday Is Like Sunday" avant de sortir son premier album
Viva Hate en 1988 qui remporte un certain succès, sans toutefois atteindre les sommets gravis avec les Smiths.
Les années 90, grandeur et décadence
En 1991, après la parution de la compilation
Bona Drag,
Kill Uncle marque un cruel manque d’inspiration du chanteur, manifestement incapable de tourner la page
The Smiths. Période difficile pour Morrissey également aux prises avec ses ex-collègues, qui lui reprochent d’avoir empoché trop de royalties. Pourtant, l’année suivante Morrissey obtient la consécration avec l’album rockabilly
Your Arsenal pour lequel il s’est entouré d’un nouveau duo de guitaristes : Boz Boorer et Alain Whyte. Porté par le hit
"I know it’s gonna happen someday" l’opus est un succès qui permet au chanteur de regoûter à la gloire dont il s’est gavé avec les Smiths.
Vauxhall and I, chef d'oeuvre de la carrière solo de Morrissey sorti en 1994 fait durer le plaisir avant une nouvelle traversée du désert suite aux échecs commerciaux de
Southpaw Grammar (1995) et
Maladjusted (1996) qui durera de longues années.

Exilé à Los Angeles, Morrissey fait un retour tonitruant avec
You are the Quarry en 2004, sans doute l’un de ses meilleurs albums à ce jour, confirmé dans la foulée par un disque live
Morrissey Live at Earls Court (2005) et
Ringleader Of The Tormentors son dernier opus en date sorti le 4 avril 2006. En 2008, le chanteur profite de la publication d'un
Greatest Hits pour sortir un nouveau single
"That's How People Grow Up".
Le dernier opus du "Moz", intitulé
Years of Refusal, est sorti en septembre 2008. Les critiques sont unanimes mais les concerts qui s'ensuivent sont annulés ou reportés. En cause : la petite forme vocale de Morrissey. De plus, les concerts ont de mauvais échos des spectateurs et font douter de la bonne santé du pourtant bien charpenté chanteur des Smiths. A 50 ans, la carrière bien remplie de Morrissey semble donc sur le point déclinant malgré ses compositions efficaces.