Mory Kante



Mory Kante Nationalité : guinéenne
Naissance : 24 février 1950
Age : 59 ans
Genre musical : World

Avec Mory Kanté, Ray Lema et Salif Keita, la world musique venue du continent africain aura gagné ses lettres de noblesse à Paris, au milieu des années 80. Rachid Taha l’aura fait simultanément avec Carte de Séjour, en direct de Vénissieux. Au croisement de diverses traditions et de toutes les modernités musicales européennes, Mory aura mené sa barque, portant la modernité africaine, par le biais de la world musique électrifiée.


Elevé d'abord par sa mère en Guinée, Mory va ensuite à l'école française de Bamako. Jusqu'à 15 ans, il est initié aux rituels traditionnels, au chant et au balafon. Il participe à de nombreuses fêtes et cérémonies officielles au cours desquelles il forge son expérience de musicien et chanteur. La jeune République du Mali, est parcourue de rumba zaïroise, salsa cubaine, pop et rock anglo-saxons et Mory se passionne pour ces musiques électrifiées et apprend la guitare. En 1968, il quitte l'école pour intégrer l'Institut des Arts de Bamako. Mais dès 1969, il cesse sa formation et joue dans différents groupes, en faisant danser les maliens des nuits entières dans des bals à ciel ouvert, les apollos. En 1971, Mory est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d'intégrer le Rail Band de Bamako, fameux orchestre de l'hôtel de la gare. Mory accepte et prend place dans l'orchestre dont le chanteur est Salif Keïta.

La voix d’or

Lorsque ce dernier quitte le groupe en 73, Mory le remplace au chant. La formation tourne dans toute l'Afrique de l'ouest. En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d'or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse la tradition qui veut que le balafon soit l'instrument noble dans sa famille. Il devient très vite virtuose. Il compose aussi des musiques pour chours et ballets. Enfin, il enregistre avec le Rail Band, une longue épopée dans la plus pure tradition des griots, « L'Exil de Soundiata, le fondateur de l'empire Mandingue ». En 1977, il entreprend à titre personnel une tournée des grands sites historiques de l'empire à la rencontre de nombreux maîtres de la tradition. L’année suivante, Mory s’installe à Abidjan en Côte d'Ivoire. Il s'éloigne du Rail Band et s'entoure de nouveaux musiciens, la kora est au centre de son travail. Engagé par grand restaurant de la ville, Mory Kanté se lance dans des mélanges musicaux inédits, en rhabillant rock les airs traditionnels ou en revisitant les standards noirs-américains à la kora, au djembé ou au bolon. Le succès est immédiat.

Courougnègnè

Mory Kante enregistre son premier disque en 1981, Courougnègnè sur Ebony, le label de Gerard Chess à Los Angles en 1981. Déjà très connu en Afrique de l'Ouest, Mory devient une star sur tout le continent. Suite à ce succès, il monte un ballet pour le centre culturel français d'Abidjan. Sur scène, la formation regroupe 75 artistes : une chorale, des musiciens et des danseurs. Durant les années qui suivent, Mory se produit régulièrement avec un orchestre de presque 20 personnes. Mais, c'est en Europe que le guinéen souhaite venir travailler.

Hiver parisien

Seul, Mory Kante arrive en France en plein hiver 1984, avec l’intention de se faire connaître en Europe. Mory Kante à Paris est produit par Aboudou Lassissi. L'accueil critique et public est bon et Mory Kante multiplie les concerts dans toute l'Europe, notamment en Italie où il est une énorme vedette. Artiste émigré et sans carte de séjour, il devient une figure essentielle de la scène world. En octobre 84, il passe à la Mutualité. En décembre, au New Morning. En avril 1985, il est invité au festival du Printemps de Bourges. Puis du 12 septembre au 12 octobre, Jacques Higelin, rencontré des années auparavant en Afrique, le convie à Bercy, devant 16.000 personnes, avec le Sénégalais Youssou N'Dour. En Italie, il croise David Sancious (Bruce Springsteen) qui va produire « Ten Cola Nuts » en 1986 pour Barclay. Ces noix de cola représentent des offrandes rituelles et des vœux de bonheur. Les scores de ventes sont moyens, mais Mory Kante y a réellement trouvé un équilibre musical et culturel.

Afrique et conscience politique

Après la mort de son père plus que centenaire, le griot entame une longue tournée avec un passage au Sénégal où il participe à un rassemblement anti-apartheid sur l'Île de Gorée, au large de Dakar. Durant l'été, il entamer une tournée internationale. Partout, il rencontre un public enthousiaste de découvrir la culture mandingue. Sur scène, Mory est entouré de seize musiciens et sept danseurs : France, États-Unis, Afrique du Sud, Mali, Sénégal, Nicaragua, Angleterre et Suède, autant de nationalités qui partagent leurs cultures et leurs expériences.

Akwaba Beach

Le griot électrique atteint en 1987, les sommets avec Akwaba Beach, produit par Nick Patrick, sous l'œil de Philippe Constantin. "Yéké Yéké" explose les hits-parades du monde entier, un  titre réenregistré qui se trouvait déjà sur l'album Mory Kanté à Paris. En quelques années, le 45 tours atteint des millions d'exemplaires, objet d'innombrables transformations, remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec lui, Mory Kante devient l'artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. En juillet 88, le même titre  atteint la première place du classement pan-européen du Billboard.  Après avoir reçu un disque d'or en 88, Mory obtient aussi  la Victoire de la musique du meilleur album francophone.  En 1990, son album Touma ("Le moment") le voit entouré de Carlos Santana et de  Ray Phiri, ses ventes ne dépassent guère le disque d'or en France, mais atteignent le million à l'étranger.

Harlem et le retour en Afrique

Le 14 juillet 1990, il représente la France avec Khaled, lors d'un concert géant à New York, dans Central Park. En novembre, toujours à New York, il participe au Gala de la francophonie dans le célèbre Apollo Theatre de Harlem qui a vu débuter son idole, James Brown. Mais Mory, comme Salif Keita, songe à revenir sur sa terre natale. Il souhaite utiliser son nom et ses moyens pour aider ses plus jeunes compatriotes, il projette de monter à Conakry un complexe culturel comprenant un studio, un centre de formation aux métiers du spectacle, un hôtel et un musée des griots qui aura du mal à voir le jour. D'autre part, il monte un orchestre philharmonique d'une trentaine de koras, et autant de harpes, violons et flûtes, soit 130 musiciens qui inaugurent, en 1991, la Grande Arche de La Défense.

C'est chez lui en Guinée que la star de l'afro-dance enregistre son nouvel album Nongo Village, du nom de son studio. Parmi les onze titres mixés à New York et Paris, c'est « La Tension » qui semble destiné à conquérir les foules et à envahir les pistes de danse dans la même lignée que « Yéké Yéké ». Dans ce disque, Mory Kanté réintègre le balafon qui détrône les guitares. Le premier extrait sort en septembre 93 suivi de l'album à l'automne. L'accueil est moyen, et certains lui reprochent de se perdre un peu dans une recette qui manque de renouvellement. En 1994, Mory Kante reçoit le « Griot d'Or ». Le 14 juillet, il chante à Deauville, station balnéaire de Normandie, puis entame une tournée européenne puis canadienne. Après toutes ces années de succès, Mory Kanté choisit de retrouver une musique plus familiale, plus traditionnelle. L'album Tatebola se met à l'heure de la techno… Mais les bases rythmiques de la techno ne sont pas si éloignées des percussions ancestrales et les inspirations musicales de ce disque se veulent proches des origines mandingues. En 1997, Mory Kante joue au Womad à Reading. Sa notoriété s'essouffle un peu, mais Tamala (le Voyageur) en 2001, le retrouve afro funk avec une part d'instruments traditionnels importante, une saveur plus douce et moins électronique.

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Les titres de Mory Kante

Ye Ke Ye Ke (1987)

Deni (1987)

Inch'allah (1987)

Tama (1987)

Africa 2000 (1987)

Dia (1987)

Nanfoulen (1987)

Akwaba Beach (1987)

Nafiya (2004)

Djou (2004)

Mama (2004)

Diananko (2004)

Sabou (2004)

Kenkan (2004)

Moko (2004)

Loniya (2004)

Désolé (2004)

Biriya - Rythmes Du Mandingue (2004)

Krougnegne (1990)

Kissibala (1990)

Mankene (1990)

Ayeh (1990)

Faden (1990)

Touma - Wimowe (1990)

Bankiero (1990)


Toute la discographie de Mory Kante

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Personnalités Similaires Rachid Taha
Collaborations Jacques Higelin, Salif Keita, Khaled, Youssou N'Dour

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