Family Tree de Nick Drake



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Nick Drake et ses tubes de l'été ?



Pour qui connaît déjà Tanworth In Arden, le célèbre bootleg lo-fi en circulation depuis début 90, ce Family Tree de Nick Drake n'a quasiment aucun intérêt. Et pour cause, les alléchants 28 titres présentés sur la jaquette sont principalement des reprises unplugged de classiques blues de Dylan ou Jackson C. Frank et des bouts de morceaux inaboutis qui seront présents en versions finies sur le premier album du jeune anglais surdoué. Heureusement quelques inédits viennent encore une fois prouver son talent époustouflant.
Attention ! Ne pas confondre ce Family Tree avec LE Family Tree, coffret boxset du même nom devenu introuvable depuis des lustres. En effet, l'hommage rendu avec cette compilation est loin d'être grandiose et les interprétations acoustiques dépouillées ternissent même parfois la verve des premières compositions de Nick Drake.

Les plus accros des fans seront en revanche saisis de délicieux frissons en écoutant "Rain" et s'esbaudiront devant le chant nu et divin de Drake, qui offre parfois de magnifiques moments d'authenticité soulignés par l'absence d'habillage, notamment sur "If You Leave Me", dans lequel sa tristesse vient directement nous saisir le coeur.

Et comme la compil' porte bien son nom, on peut entendre un morceau (le dernier de la tracklist) chanté par sa mère, d'une beauté à pleurer et qui fera comprendre aux plus fins analystes que la source de son inspiration provient bien du côté maternelle.

Malgré la déception, ce Family Tree assoit encore Nick Drake comme une légende intemporelle de la pop-folk anglaise, une de celles qui nous donnent raison d'être passionnés de musique. Beaucoup le comparent d'ailleurs à John Keats pour le côté droopy de l'écriture et joyau étincelant et éternel de l'interprétation.

Si l'on met de côté un enchaînement beaucoup trop rapide des morceaux (les titres défilent avec un empressement en totale contradiction avec l'ambiance posée), l'intimité est le mot qui qualifierait certainement le mieux la sensation induite par Family Tree. Nick Drake nous invite chez lui à écouter ses bribes de mélodies, et l'on perçoit par delà les squelettes de composition, la vie de sa maison, depuis les ressorts grinçants de son lit jusqu'aux pas de sa mère dans l'escalier et à la vie paisible, casanière et mélancolique qui envahit l'espace.

L'univers qu'on imagine à travers cette absence d'arrangements est celui qui est à la base même de la pop : une maison paisible, des cahiers, des posters sur le mur, et la vue sur un jardin de Liverpool ou de Manchester dans le meilleur des cas. Un dépouillement qui permet sûrement de confiner les émotions intérieures en ce qu'elles ont de beau, puis de les traduire en notes. Nick Drake était en tous cas très doué pour cette méthode.

Maxence Grugier Le 01 janvier 2009
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