Olivier Messiaen naît à Avignon. Il est précoce et commence rapidement à composer – dès huit ans – avant d’entrer au conservatoire à onze. Il aura pour professeurs Marcel Dupré pour l’orgue et Paul Dukas pour la composition. Il obtient cinq premiers prix au conservatoire et devient organiste à la Trinité. Ses improvisations inhabituelles à l’orgue font se déplacer les foules et les Offrandes Oubliées de 1931 sonnent le début de son succès. Parallèlement, il étudie les chants des oiseaux – et devient un ornithologue émérite – ainsi que la musique et la rythmique hindoues ou encore la musique en quarts de ton et le plain-chant grégorien.
Fort de toutes ces sources d’inspiration, il découvre en 1936 la musique d'André Jolivet ; il fonde alors le groupe Jeune France avec Jolivet, Daniel-Lesur et Yves Baudrier. Fait prisonnier pendant la guerre, il compose en prison Quatuor pour la fin des temps en 1941. Pièce grandiose s’il en est, d’inspiration éminemment religieuse et chrétienne, c’est probablement la plus connue de toutes ses compositions. En 1947, on crée une classe d’analyse et d’esthétique musicale au conservatoire dont il devient le professeur. Messiaen utilise également sa connaissance des chants d’oiseaux pour écrire, en 1953, Réveil des oiseaux pour piano et orchestre ou encore Catalogue d’oiseaux en 1959. Tous les sons dont il a besoin ne se trouvent pas dans les instruments traditionnels, c’est pourquoi il introduit régulièrement le célesta, les ondes Martenot et divers instruments étrangers et exotiques. Il exploite aussi tous les timbres qu’offrent les sections de vents, en particulier les cuivres. On comprend pourquoi l’orgue fut son instrument de prédilection, tant la variété des timbres possibles y est grande.
"L’arc-en-ciel théologique" que Messiaen cherche à créer résulte de l’univers extrêmement personnel qu’il parvient à faire naître. Il explique lui-même ses intentions dans son ouvrage :
Technique de mon langage musical qu’il a publié en 1944. Il produira, toujours avec une inspiration religieuse, l’opéra
Saint François d’Assise en 1983 puis en 1987,
Le livre du Saint Sacrement, pour orgue. Il devient également le professeur des futurs grands compositeurs de musique contemporaine :
Pierre Boulez,
Pierre Henry,
Karlheinz Stockhausen et
Iannis Xenakis. Messiaen a également exploité les possibilités offertes par la musique concrète dès les années 50 et adapté le dodécaphonisme à son propre langage musical.
Lorsqu’il meurt en 1992, la musique contemporaine perd l’un des compositeurs les plus controversés de l’histoire de la musique : la virulence des critiques suite à ses Trois petites liturgies de la Présence divine publiées en 1945 n’a probablement pas connu d’équivalent dans l’histoire. La violence des réactions confine parfois même à la diffamation pure et simple. On peut imaginer que l’inspiration ouvertement catholique de Messiaen n’est pas étrangère à cet état de fait, mais il ne faut pas négliger non plus le caractère extrêmement novateur de ses compositions.