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- Voir notre interview avec OrelSan
OrelSan se dit lui-même "président de ton club d'échec" (entendez le contraire de réussite) et intitule son premier opus Perdu D'Avance. On se doute donc que le monsieur a écouté Le Klub Des Loosers en boucle. Il se dit également incomparable à TTC, mais la similitude des paroles misogynes et trash est évidente, et les premiers sons qui s'échappent de cette galette font rudement penser à "Batârd Sensible". Enfin, le rappeur caennais ne cesse de parler de picole et de baise de manière aussi crue que peuvent le faire les Svinkels. Bref, OrelSan n'oeuvre pas dans l'originalité la plus totale.
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Humour, désespoir et ratés
Tout le travail musical du jeune rappeur n'est cependant pas à jeter, comme le prouvent "Jimmy Punchline" et "Soirée Ratée", où les rytmiques rampantes collent bien au flow rapide décrivant l'autopsychanalyse flippée qu'il nous livre.
Attardons-nous donc sur les textes, qui valent, eux, le coup d'oreille. Entre branlette égocentrique de haute voltige et regard affligé devant le miroir, OrelSan ne parle que de lui et le fait bien. "J'ai tout le temps la gueule devant mes ordis", "On fait la même chose toute les semaines, on sait que ça va être naze mais on sort quand même", "Demain on prendra le temps de regretter ce qu'on a fait la veille", etc. Il nous peint avec justesse et intelligence une vie, la sienne, nourrie aux illusions perpétuellement brisées et se perdant entre les soirées minables, les échecs sentimentaux et les troubles dus à l'incapacité de s'adapter à une société qui semble ostraciser la différence et le laisser-aller ("Changement"). A tel point que l'on se retrouve vite dans une ou plusieurs de ses histoires à l'acide comique. D'ailleurs l'humour, à base de jeux de mots pertinents et de formules bien tournées, est très présent dans l'album. On aimerait cependant qu'il le soit davantage lors de certains passages qui donnent l'impression de se retrouver dans son cahier intime ("50 pour cent").
En termes d'écriture, certains morceaux arrivent même à la hauteur d'un Gérard Baste ou d'un Nikus Pokus comme "Logo Dans le Ciel", mais surtout "Jimmy Punchline", le morceau le plus efficace de Perdu d'Avance. On verrait donc bien OrelSan devenir le 8ème larron du Klub des 7. Il pourrait ainsi prendre quelques cours d'instrus auprès des anciens, ça lui ferait pas de mal.
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