Oxmo Puccino




Après nous avoir conté les histoires du Lipopette Bar pour Blue Note, Oxmo Puccino confirme son virage acoustique et jazzy sur L'Arme de Paix, cinquième album du poète à la voix de velours. Rencontre avec un rappeur pas comme les autres.

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Survivant de l'âge d'or du rap français, Oxmo Puccino a gravi un sacré bout de chemin depuis ses débuts au micro, au milieu des années 90. C'était le temps des freestyles sur la radio Générations 88.2, avec ses acolytes du label Time Bomb, Lunatic et Pit Bacardi. Epoque bénie où les premiers classiques d'Oxmo ("Pucc Fiction", "Mama Lova", "L'Enfant Seul") faisaient l'unanimité, dans la rue et ailleurs. Avant que le rap ne subisse un formatage en règle, puis se replie dans un discours auto-centré et de moins en moins universaliste.

S'adresser à tout le monde, Ox n'a lui jamais su faire autrement. Constamment à la recherche de nouvelles expériences, de nouvelles sensations, le natif du Bénin, débarqué à cinq piges dans la capitale, a donc fait sa route sans se soucier des rageux qui lui reprochaient de s'être éloigné de sa base. Un besoin de découverte qui l'a amené à dépasser son costume de simple rappeur, pour devenir un artiste complet. Un mec qui a su apprivoiser la scène, écrit des chansons, pour lui ou pour les autres (Florent Pagny, Alyzée), a abandonné le sampleur pour les musiciens live, présente un doc sur le storytelling ou sort un recueil de ses textes, Mines de Cristal, sous la forme de poèmes. Bref, un gars qui nous rappelle que le rap n'est pas la "sous-culture" décriée par Eric Zemmour - et d'autres.

 

Edouard Orozco.

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