"Ca m'a pris quelque temps pour décider de quitter le business et passer plus de temps avec ma femme et mes deux filles. Elles ont toujours été là pour moi, je voulais tout faire pour elles."
Pour la plupart des fans de rock et de pop, l’histoire de Pete Best s’arrête le 16 août 1962, au moment ou le manager des
Beatles,
Brian Epstein, signifie au malheureux batteur qu’il est remplacé par
Ringo Starr, quelques semaines avant que le groupe légendaire n’enregistre son premier single. Ce que les fans savent moins, c’est que Pete Best continue à jouer et à enregistrer pendant plusieurs années, parfois comme leader de son propre groupe, d’autres fois pour des groupes cheap qui exploitent sa notoriété d’ex-Beatles. Ces disques n’ont quasiment aucun intérêt, à moins d’être un obsédé des Beatles ou de l’invasion Britannique. Si c’est votre cas, le chapitre Pete Best n’est pas complètement inintéressant.
Comme batteur des
Beatles, personne ne débattra de son importance dans leurs années de formation, derrière les toms d’août 1960 à août 1962. Il est là lors des concerts, cruciaux, à Hamburg, sa maison sert de base au groupe, sa mère est le promoteur non-officiel des quatre garçons et, s’il n’est peut-être pas le plus populaire des Beatles, il est sans conteste très populaire parmi les fans, particulièrement les filles.
Cependant, son talent n’est pas à la hauteur de celui des autres Beatles, ni de son remplaçant
Ringo Starr. Les preuves sont enregistrées, racontées, certaines des prestations de Best sont même audibles sur les plus vieilles pistes de l’Anthologie Beatles Volume 1, de très nombreuses autres sont trouvables sur des bootlegs. La plupart des enregistrements suggèrent qu’il s’agit d’un batteur très terre-à-terre.
Il chante aussi très rarement, et quand Epstein l’envoie vers un autre groupe (Lee Curtis & the All Stars) après l’avoir sorti des Beatles, il y reste batteur, le temps d’un unique single en 1963, avant les membres se séparent. Le reste du groupe se fait renommer The Pete Best Four pour capitaliser sur sa renommée déchue, même s’il ne chante jamais aucune chanson.
Quelques temps plus tard, le groupe est attiré à New York par un producteur louche. Le Pete Best Combo (son nouveau nom) enregistre quelques chansons dans le milieu des années 60. Pete, malgré sa qualité de leader, ne fait toujours absolument rien d’autre que de taper sa batterie. Les vraies forces créatives du groupe sont Tony Waddington et Wayne Bickerton, qui écrivent les chansons et assurent le chant. Les résultats sont sortis sous forme de singles sur des labels américains obscurs durant les années 1960, tandis que beaucoup d’autres attendront 30 ans pour sortir.
Ces chansons sont assez banales, et ne sont vraiment qu’à moitié mauvaises. En tant que chanteurs et compositeurs, Waddington et Bickerton sont compétents (pas plus que ça), et mettent au monde une sorte de skiffle hybridé au rock New Yorkais, avec un petit côté garage. Evidemment, c’est un échec commercial, spécialement à partir du moment où Pete Best en a sa claque et décide de rentrer à Liverpool. Le reste du groupe le suit, après quelques concerts solos sans intérêt. Pete Best trouve du travail dans une boulangerie avant de s’engager civilement dans l’armée. Dans les années 1990, il enregistre une sorte d’album souvenir musical, ressortant quelques chansons de son ex-combo, et part un an en tournée après s’être retiré de son engagement civil en 1994.