L'essentiel de l'activité de Donovan Thompson aka Peter Chemist est concentré dans une courte période : 1983 / 1985. Cela ne veut pas dire que cet producteur / ingénieur du son jamaïcain n'est rien fait de notable avant puis après ce laps de temps. Mais les circonstances l'inscrivent dans cet intervalle charnière pour le dub. A cette époque en effet, les élèves du grand maître
King Tubby sont à leur apogée. Prince Jammy et
Scientist trustent une bonne part de la production et sortent des albums imparables. Souvent des "extensions" d'albums reggae. Des vinyles qui rassemblent une dizaine de "versions" retravaillées avec des rythmiques sèches et une profusion d'échos. Les titres étant formatés sur une durée de 3mn / 3mn et demi environ. C'est sur ce modèle que Peter Chemist sort son premier opus,
Dub Mixture, conçu avec les incontournables
Roots Radics (Style Scott, Flabba Holt, etc.), produit par Roy Cousins et enregistré dans le mythique studio Channel One, à Kingston. Tout les atouts sont donc réunis pour sortir un grand disque. Mais ce n'est pas cette référence qui hisse Peter Chemist au Panthéon des dub-masters. Sa réussite totale s'intitule
Dub Prescription. On y retrouve la même équipe, au même endroit. Mais là, la magie est palpable sur les 10 titres ("Level vibes dub", "Good woman dub", etc.). On lui doit aussi une rencontre un peu en demi-teinte avec
Scientist,
1999 Dub sur Heartbeat, avec le tandem Sly & Robbie en action pour les riddims. On le retrouve, un peu plus tard, aux cotés de Chessy Roots ("Rambo salute"), Kevin Mills ("Reverse dub"), A Class Crew et Jack Radics sur la compilation
Serious Dub qui apporte un son nouveau. Plus léché et synthétique. Il a également participé à des sessions historiques, comme celles réunissant Jah Thomas et
King Tubby (
Inna Roots Of Dub sur
King Tubby &
Scientist In A World Of Dub (sur Burning Sounds). Mais Peter Chemist a surtout oeuvré dans l'ombre en tant qu'ingénieur-mixeur pour de grands noms du reggae comme
Barry Brown,
Gregory Isaacs (
Suffer's Choice),
Don Carlos,
Horace Andy… Et des toasters. Du vénérable
U Brown à Wayne Smith, en passant par Little John, puis aux premières "stars" ragga du début des années 90 comme
Shabba Ranks (
As Raw As Ever).