Eternal Castle de
Piana (aka Naoko Sasaki) est, il est vrai, parfois aussi chargé qu'une haleine de diabétique. Cet album est un monument de sucre candi qui succède à
Snow Bird, lui aussi paru chez Happy en 2003. Là encore, la voix et l'instrumentation redoublent de fragilité et de légèreté. A l'image de
Gutevolk, sa compagne de label, Piana ne se contente pas des quelques notes de piano timides qui soutenaient son précédent "oiseau des neiges". La Japonaise invite violoncelle, guitare, violon et machines à collaborer pour élaborer ses comptines ambiant electronica. Avec timidité et sensibilité, elle lance ces trilles vers le ciel à la manière d'une toute petite
Björk essoufflée (ce qui nous va plutôt bien), sans pour autant manquer de coffre. Pour autant ne nous voilons pas la face, si l'on reproche souvent à cette école de la dream pop japonaise d'être trop maniérée, c'est certainement à ce type d'album qu'on le doit. En effet, quand Piana pose sa douce voix sur les arrangements ultra sophistiqués et souvent affectés d'
Eternal Castle, elle menace carrément son album d'obésité. Cela n'empêche rien à la qualité de compositeur de la jeune femme, mais l'ensemble sonne tout de même un poil trop douceureux. Voire écoeurant.
Maxence Grugier
Le 15 janvier 2008
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