Il faut aussi rêver sa révolution, pas seulement la construire. ”
Pierre Boulez, homme multi talents est l’un des compositeurs et des chefs d’orchestres qui a le plus contribué au développement de la musique contemporaine. Il a toute sa vie été au service de la musique et, a maintenant plus de 80 ans ne semble toujours pas près de s’arrêter. C’est à 7 ans qu’il prend ses premiers cours de piano, d’abord parti pour embrasser une carrière dans le domaine scientifique il décide à 17 ans de se lancer dans une voie toute autre : la musique. Elevé à Montbrison dans la Loire, il émigre à Paris pour être admis au Conservatoire, deux ans plus tard. Son ascension est plus que rapide puisqu’en 1946, il est nommé directeur de la musique au sein de la Compagnie Renaud-Barrault, où il apprend en autodidacte la direction d'orchestre. Il commence parallèlement à composer. En 1953, il fonde les « Concerts du Petit Marigny », qui deviendront plus tard le « Domaine Musical », et en assure la direction durant près d’une quinzaine d’années. Sa programmation est en tout point d’avant-garde, tout comme ses compositions qui suivent le principe du sérialisme (principe de composition basé sur une succession rigoureusement préétablie et invariable de sons appelée série) quand il n’y incorpore pas une part de hasard comme dans sa 3e Sonate pour piano (1957). À partir de 1955 et jusqu’au milieu des années 60 Boulez, professeur reconnu enseigne l'analyse musicale et la direction d'orchestre dans plusieurs institutions : Darmstadt, Bâle et Harvard. Il rédige également à cette époque son premier ouvrage théorique intitulé « Penser la musique aujourd’hui ». Durant les années 70, on le retrouve à la tête de plusieurs orchestres, à Cleveland, à l'Orchestre symphonique de la BBC, et à l'Orchestre philharmonique de New York. À la demande du président
Georges Pompidou, il participe, en France, à la fondation de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM) dont il assure la direction par la suite. Au cours de la même période, il devient également président et directeur de l'Ensemble Inter Contemporain (EIC), un des meilleurs ensembles de musique contemporaine au monde. Si son talent de chef fait l’unanimité, sa musique virtuose et difficile d’accès n’en reste pas moins très contestée, il rencontre une certaine hostilité mais aussi de la reconnaissance, qui la conforte dans sa ligne de conduite. Durant les années qui suivent, il s'associe à de nombreux projets tels que la création de l'Opéra de la Bastille et de la Cité de la musique à Paris. En 1992, il décide de quitter la direction de l'IRCAM pour se consacrer pleinement à la direction d'orchestre et à la composition. Pierre Boulez célèbre son 70e anniversaire en grande pompe : celui-ci est notamment marqué par un cycle de concerts pour l'inauguration de la Cité de la musique, une tournée mondiale avec le London Symphony Orchestra (Londres, Paris, New York, Tokyo), des concerts au Japon avec quatre orchestres différents et la production de Moïse et Aaron à l'Opéra d'Amsterdam, dans une mise en scène signée Peter Stein. En un peu plus de 60 ans de carrière, Pierre Boulez aura légué à la musique contemporaine un héritage colossal dont une imposante discographie… qu’il compte bien compléter, malgré son age avancé.