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PJ Harvey s'est souvent transformée, renouvelée et contredite d'un disque à l'autre. Avec White Chalk, son premier album depuis Uh Huh Her (2004), elle échange guitare contre piano, chante uniquement au plus haut de son registre et se donne un look très "romantique étheré" façon Jane Austen. Ajoutez à ça des chansons aux titres comme "Dear Darkness", "Grow Grow Grow" qui file une métaphore agricole, "The Piano", "Broken Harp"... PJ serait-elle devenue (meilleur cas) Kate Bush, Joanna Newsom ou, plus inquiétant, Tori Amos ?

Ca tombe bien en fait, puisque le thème du disque semble être "oh mon dieu, que je suis seule" et ce n'est pas le genre de truc qu'Arcade Fire ou Broken Social Scene parviendraient à évoquer aussi facilement que l'ensemble restreint qui entoure ici PJ. Le thème de la solitude atteint ici un paroxisme misérabiliste. Il n'y a rien d'outré dans la musique, mais les sentiments (ou plutôt LE sentiment) exprimés sont extrêmes et le seul excès du disque est peut-être dans son uniformité, cette texture de craie blanche qui recouvre toutes les chansons et donne son titre à l'album. Heureusement, celui ci dépasse à peine la demi-heure et on n'a pas le temps de se lasser de ce qui est, au final, un autre très bon disque.

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